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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 comme une aventure. Il s'agissait d'un voyage de six mois en Inde, d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé pour illustrer l'improbable : disposer de temps, n'avoir aucun attrait particulier ni attentes pour ce "continent", ne rien vraiment connaître des cultures locales. Une seule régle : un article par jour écrit sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées ; je vous invite à l'indulgence.Jugez vous même de l'intérêt de ce voyage, découvrez "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries", puis les voyages qui ont suivi, les humeurs de l'entre deux, le "Survivre au travail". Mon engouement à prendre mon temps, à cultiver la rencontre, le "rien faire", pour un hyperactive n'a plus jamais entamé mon goût "du partir" pour mieux revenir.

30 May

KWETCH ou "les mots de derrière la tête" suivi de ... la radiographie freudienne réalisée par Philippe Grimbert

Publié par @line  - Catégories :  #surV!VRE sans LE travail

Argenvières-La Charité sur LoireStephen Berkoff et Sophie Lecarpentier... montent un spectacle présenté en avant 1ère au Festival du mot qui s'inspire de ces mots que l'on a derrière la tête au moment même où l'on exprime autre chose oralement, ou plus exactement au moment où nos pensées ne collent pas vraiment à ce que l'on est en train de dire... C'est ca le kwetch!

Un terme en yiddish intraduisible en français... Or cette définition approximative est moins riche en nuances.

La pièce de théâtre
Le décor noir enrichi par le violon campe l'ambiance sobre où des comédiens volontaires déclament des fragments de vie, où se joue "l'histoire dite" et en parallèle, l'autre histoire ; celle où les personnages se donnent la réplique sur le mode de leur inconscient. Les comédiens s'expriment donc en deux voies (voix) en permanence durant une heure trente!

Dans la pièce Kwetch exprime notre inconscient, celui dans lequel chacun va se reconnaître dans des fantasmes mis en scène magistralement...

"Le qwetch" qui le tracasse est celui qui fait inviter un collègue à dîner alors qu'il espère qu'il refusera... embarrassé alors qu'il y consent favorablement... le voilà  agressif vis à vis de cet invité... qui n'y est pour rien bien évidement!

Lors du dit repas, la femme -qui n'est pas intime avec l'invité- pose la question fatale : "et maintenant que vous êtes séparé, que faites vous de toutes vos soirées ?"
Le collègue - invité questionné invente alors une réponse sociale adaptée, loin du qwetch, qui nous indique la tristesse, la solitude de ses soirées où l'alcoolisme le guette au coin de son ennui... , tandis que la réponse sociale adaptée entendue par le mari le plonge dans un qwetch où le simple mot de "célibataire" prend des resonances de débauches pornographiques enviées : il imagine d'un coup, le défilé des femmes qui doivent se pâmer dans son lit, et se met à jalouser l'homme, cet invité encombrant, alors que lui, ne bande plus pour sa femme.
Quant à elle, elle s'interroge sur la taille du "kiki" de l'homme rendu célibataire, et la voilà partie dans des fantasmes de pénétrations, celles que ne lui sert plus son mari!
Voilà une situation emplie de Kwetchs où chacun des personnages qwetch avec ses peurs profondes...

La conférence
qui suit, nous livre le regard de Philippe Grimberg psychanalyste, qui a vu la pièce ; il débute par une série de Kwetchs... qui font rire la salle!

Il s'agit de la névrose ordinaire... dont on ne souhaite pas forcément se débarrasser et puis pas un personnage qui ne soit pas de l'angoisse essentielle qui peut le saisir dans la vie...
Nous avons tous vécu des faux semblants..., or, on entend sur la scène de cette pièce ce qui se dit mais aussi sur l'autre scène, ce qui "se dit ailleurs" et dont nous n'avons pas toujours conscience...
Selon Grimberg on est toujours du coté du conscientn or Freud va plus loin en parlant de topics.
Des qualités de perceptions telles que celles que l'on voit à l'oeuvre dans cette pièce de Théâtre..remarquablement mise en scène la prometteuse Sophie Lecarpentier, pour qui  Kvetch est : « un vaudeville et une tragédie shakespearienne.

Nous sommes étrangers à notre propres désirs...
Le passage à l'acte sexuel dans le lit (dans la pièce) montre le malentendu.
La différence de fantasme est violente, entre les personnages. Il révèle le désir profond, le monde fantasmatique de deux individualités. Il n'y a pas de rencontre possibles entre deux imaginaires entre deux personnes au moment de l'acte sexuel.
D'ailleurs, rajoute Grimbert, il n'y a pas de rapports sexuels. Les univers ne peuvent s'emboîter. Il ne sont pas plus superposables. La rencontre amoureuse est donc avant tout un véritable mal-entendu! L'impossible rencontre sexuelle reste un mystère notamment face à la jouissance féminine qui reste LE mystère absolu... (face à celle de l'homme).

L'objet de désir, "la voie royale" vers l'inconscient nous enseigne beaucoup sur le désir... Dans cette pièce. L'entre les lignes ou la vérité du désir, est bien représenté dans le surgissement (cet "étranger à nous") d'un inconnu dans cette chambre à coucher, au moment où le couple fait l'amour, chacun habitant ses fantasmes, jusqu'à la jouissance. Dans cette chambre à coucher... la répétition permet de lire le désir... celui qui nous fait courir à "notre propre perte" car c'est souvent ainsi, une mise en échec qui se joue.

L'entre les lignes est écrit dans cette pièce, c'est son originalité. Quant à la vérité, elle est dite ailleurs...

La psychanalyse est un voyage interne qui permet de cultiver ses symptômes et de vivre avec,... pas de les guérir.
Mieux dit, et de façon poétique,

"Il faut pouvoir toujours suivre sa pente pourvu que ce soit en montant" ( André Gide).

Questions à Grimbert :
"Aimer c'est donner à quelqu'un quelqu'un chose qu'on a pas, à quelqu'un qui n'en veut pas" (Lacan).
Réponse :
"Très souvent les raisons qui nous ont fait aimer l'autre, sont les mêmes, qui nous en font nous séparer... "

Ainsi se conclue la conférence de Grimbert... magnifique !

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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 comme une aventure. Il s'agissait d'un voyage de six mois en Inde, d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé pour illustrer l'improbable : disposer de temps, n'avoir aucun attrait particulier ni attentes pour ce "continent", ne rien vraiment connaître des cultures locales. Une seule régle : un article par jour écrit sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées ; je vous invite à l'indulgence.Jugez vous même de l'intérêt de ce voyage, découvrez "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries", puis les voyages qui ont suivi, les humeurs de l'entre deux, le "Survivre au travail". Mon engouement à prendre mon temps, à cultiver la rencontre, le "rien faire", pour un hyperactive n'a plus jamais entamé mon goût "du partir" pour mieux revenir.