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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 comme une aventure. Il s'agissait d'un voyage de six mois en Inde, d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé pour illustrer l'improbable : disposer de temps, n'avoir aucun attrait particulier ni attentes pour ce "continent", ne rien vraiment connaître des cultures locales. Une seule régle : un article par jour écrit sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées ; je vous invite à l'indulgence.Jugez vous même de l'intérêt de ce voyage, découvrez "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries", puis les voyages qui ont suivi, les humeurs de l'entre deux, le "Survivre au travail". Mon engouement à prendre mon temps, à cultiver la rencontre, le "rien faire", pour un hyperactive n'a plus jamais entamé mon goût "du partir" pour mieux revenir.

17 Dec

Péripéties birmanes...

Publié par @line  - Catégories :  #BIRMANERIES (Myanmaries)

Nos péripéties birmanes... ne sont rien si l'on compare à ce qu'endure la population locale comme brimades quotidiennes en tous genres. La privation de libertés et le maintien dans un état de précarité permanente assure de longs jours paisibles aux militaires au pouvoir qui depuis la Suisse où ils ont élus résidence, gèrent cet état extraordinairement riche en ressources.

Collegiennes birmanes

Le légendaire sourire birmans cache un desespoir profond et qui peut vite sous les injonctions de militaires faire place aux regards de crainte.


Le plus souvent ils nous demandent de revenir, nous remercient de visiter leur pays : le nombre globale de touristes est en chute libre depuis deux ans au Myanmar : les anglais, les allemands ont cé la première place aux français...  

 

Les birmans, pour en revenir à l'article qui suit, paient cher leur mobilité éventuelle. Les transports comparés à leurs revenus sont exhorbitants, le prix de l'essence ayant beaucoup augmenté. Un birman vit avec en moyenne 70 centimes d'€ par jour, or c'est quasiment le prix d'un Tuc Tuc en ville pour une course! de plus, tout déplacement est pretexte à du racket légalisé... j'y reviendrai dans un prochain article. 

Transports birmans

 

17 décembre 2010 - Nous avions prévu une fois à Rangon (Yangoon) de prendre un vol aussitôt que possible pour le nord-est du pays. Pas de vol avant le 29 décembre 2010 nous annonça -t- on dans un premier temps... soit 13 jours d'attente!!!

 

Après mûre réflexion, une paire d'heures plus tard et après avoir fait le tour de différentes agences de voyages de proximité... nous nous décidions pour réserver : l'avion est complet, nous a-t-on alors dit! Persuadés de trouver une solution en cours de route, désireux de ne pas laisser filer les jours en perdant l'opportunité de faire le circuit projeté d'est en ouest puis éventuellement au sud, nous prenons le vol disponible du lendemain pour Hého, qui dessert, le lac Inle (Inlay) où nous comptions séjourner initialement en seconde étape...

 

La plupart de ceux qui visitent le Myanmar font une triangle de quinze jours en partant de Yangoon, pour Bagan, puis au Lac Inlay et retour à la capitale ; et le plus souvent ce circuit est transformé en quadrilatère avec l'ajout de Mandalay. Moins nombreux sont ceux qui s'aventurent plus longtemps pour des extensions vers l'est ou au sud qui sont finalement très peu visités.

 

Le sud par exemple, n'est accessible, c'est a dire autorisé que depuis peu, car la révolte armée des Kharen avait conduit la junte à boucler le territoire. Quant à ceux qui visitent le triangle d'or à l'est du pays ils n'y parviennent qu'avec l'accompagnement de guides dépêchés par des agences agréées.

 

Selon le Routard, (notre référence pour ce voyage) les zones tribales particulièrement interressantes autour de Kengtung sont redevenues autorisées, avec une restriction :

arriver et partir par transport aérien ou par la route au sud (en partant de Tachileck, ville frontière proche de la Thaïlande et remonter sur Kengtung).

En outre, le guide signale le peu d'infrastructures hôtelières, leur vétusté.

Les visas accordés par les autorités sont de 28 jours, non renouvelables ; une tolérance de dépassement de 15 jours semble possible moyennant paiement de 3$ par jour et par personne ; notre prévision de 31 jours comprend la possibilité d'inclure l'Est et le Sud pour ce voyage birman, le nord étant exclu.

Voilà pour le projet théorique.

 

La pratique compte quelques tracasseries birmanes dont nous verrons comment elle s'exprime au fil des jours...

 

Le 24 décembre 2010- Malgré nos tentatives répétées depuis notre arrivée voilà presque une semaine dans le pays, aucune des trois compagnies d'aviation n'a accepté de nous vendre de billets pour Kyaing Tong (Kengtung), de n'importe quelle ville que ce soit! Les plus farfelues des explications nous ont été données!

 

Il semble que l'on éconduit non officiellement les touristes désireux de s'aventurer dans cette zone est du pays en cette fin d'année 2010...

Nous formons hypothèse idiote mais non invraisemblable que la production, le transport d'opium gêne toute autre activité...

 

Autre supposition, les tribus souvent réquisitionnées pour travaux forcés seraient en rébellion... Air Mandalay, Yangon Airways, Air Bagan, nous ont renvoyé systématiquement sur la compagnie nationale, Myanmar Airlines, comme pour nous indiquer en langage sibyllin - birman :

"c'est eux qui décident s'il y a des vols ou pas... nous on fait pas ou plus..."

 

Pourtant le 17 décembre, à Yangoon, un directeur d'agence de voyages birman, nous a recommandé la voie terrestre par Tachileck, (en confirmant l'interdiction de la route du lac Inlay à Kyaing Tong); et de Tachileck a-t-il précisé, six vols jours desservent Yangon et Hého (proche du lac Inlay).

 

Nous avons tenté de réserver un vol pour Tachileck, d'où nous aurions loué une voiture pour remonter par un tronçon autorisé en 3 ou 4 heures pour Kengtung...

La même réponse nous est opposée : full up until the end of the year!! Enfin ultime et sans doute vraie situation assez burlesque :

la programmation des vols dans le pays tout entier dépend de l'administration en place, or celle-ci n'aurait pas encore communiqué de tables de vol au delà du 31 décembre 2010!

Hum!

Les agences attendent donc pour vendre les billets aux particuliers... et proposent habilement d'autres destinations... C'est donc au bord du lac Inle qui offre pas mal de possibilités de découvertes que nous avons élu domicile pour dix à quinze jours en attendant du "nouveau sur les vols autorisés"!

 

29 décembre 2010 - On nous connaît ici...(???) Tous savent que nous attendons un vol pour l'est... (La parano guette !!!) On vous fera signe nous dit - on dés la nouvelle année ou en cas de désistement sur un vol "affiché" complet...

Hum!

Bref... On a compris qu'on est repérés !!! Nous avons quitté Hého hier, pour Bagan... et redemandé : en vain !

 

31 décembre 2010 - Sommes à Ragoon. Plus de vols pour Kengtung. L'agence Gulliver (qui est la source des rédacteurs du Guide du Routard localement) nous indique la fermeture partielle pour travaux sur la piste d'aéroport.

Hpa An homme KarenHomme Karen en costume traditionnel a Hpa An Sud est du pays

 

Arrêt sur image : c 'est évidemment pas le moment d'avoir des touristes qui photographient beaucoup sur les enrolés de force, dont les enfants en bas âge pour les travaux de rénovation de pistes! Nous avons par la suite vu depuis les fenêtres d'un train des femmes (très nombreuses à faires ces durs travaux de route, à mains nue goudronner la route et des enfants porter et étaler de gros cailloux... nous traversions l 'Etat Karen, minorité qui s'est révoltée en s'armant contre la junte et qui depuis par le truchement des moines aurait un accord de sécession.

 

Un vol serait maintenu pour le samedi... Nous demandons à en être!

On nous indique que le vol retour ne sera possible que la semaine suivante... (On a certes prévu un long séjour Birman contrairement aux usages des touristes ordinaires pressés) alors on se dégonfle pas, on dit ok.

 

Et là, comme par hasard, on nous annonce le vol retour déjà complet, en précisant qu'un retour sous quinzaine est possible... alors les petits malins ont cru qu'on allait dire, non c'est trop loin...

Bein, non, on a renchérit et dit: chiche!...

(Pourtant, ce retourd 'ici 15 jours n'était pas une bonne idée : il tombait sur notre date retour à Bangkok,... mais comme nous voulions jusqu'au bout voir si on aurait un vol...!)

 

Et ce le pompon : "on vous garantie pas le retour", donc "on vous vend un aller simple", pour Tachileck (car entre temps, plus aucune compagnie n'accepte de faire atterrir ses avions sur la piste en mauvais état de Kengtung -Merci pour les passagers!!!- d'où le repli sur cet autre itinéraire : Tachileck )... "et vous verrez sur place pour le retour!!!"

 

Quand on sait qu'aucune de ces deux villes ne sont autorisées aux étrangers autrement que par voie aérienne, on prend pas le risque de rester coincé la bas! Il est évident, que l'on nous a conduit à modifier notre projet... SANS officiellement nous l'imposer d'attentes en reports successifs!!!

 

3 janvier 2011- Nous prenons le train pour Moulmein, au sud de Rangoon. De là, nous irons à Hpa- An. Nous reviendrons à Rangoon le 13 d'où rejoindrons Bangkok le 15 sans avancer notre date de départ. Nous aurons dans cette région la confirmation que d'hôtel en hôtel nous avions été pistés...

Au cas où... ?


Nous avons renoncé à aller dans l'est!

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Évelyne 19/01/2011 17:14



Hé bien, quel récit! On se demande lequel des deux parviendra à ses fins. On vous sait fins limiers, déterminés et surtout réactifs à ces sociétés
oppressantes. On vous espère encore plus stratèges que jamais. Mais que nenni, les mécanismes de la junte sont bien huilés! Depuis des décennies, ils découragent les plus curieux. Et pour
les plus téméraires, on affûte d'autres armes stratégiques, qui finalement, elles, parviennent à leur fin.


En ces temps de changement avec la Tunisie, on est en droit de se demander si l'exemple est exportable. On le souhaiterait. On aimererait voir la jeunesse
birmane crier ''USDP Dégage''! On aimerait y croire.


Alors vous, aventuriers observateurs, contribuez même modestement à un changement prochain. Poursuivez vos récits d'infortune et rapportez-nous encore et
encore vos déconvenues, votre perspicacité et votre bravoure.


 Attention à vous et bisous!



@line 21/01/2011 09:43



Mais on va très bien rassures toi... merci pour ce baeu commentaire. Comme tu dis nous ne sommes que de très très modestes obesrvateurs...@



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