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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 comme une aventure. Il s'agissait d'un voyage de six mois en Inde, d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé pour illustrer l'improbable : disposer de temps, n'avoir aucun attrait particulier ni attentes pour ce "continent", ne rien vraiment connaître des cultures locales. Une seule régle : un article par jour écrit sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées ; je vous invite à l'indulgence.Jugez vous même de l'intérêt de ce voyage, découvrez "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries", puis les voyages qui ont suivi, les humeurs de l'entre deux, le "Survivre au travail". Mon engouement à prendre mon temps, à cultiver la rencontre, le "rien faire", pour un hyperactive n'a plus jamais entamé mon goût "du partir" pour mieux revenir.

11 Sep

El train de La Havane à San Filipe

Publié par @line  - Catégories :  #Cubaineries

Le taxi négocié durement à moitié prix stoppe juste après le passage à niveau. Le ciel chargé de pluies choisi précisément ce moment pour s'abandonner sur nous ; le chauffeur me pousse hors du véhicule en me montrant le train qui s'ébranle et crie : ton train s'en va dépêches toi donc !

Nous traversons en courant la rue qui nous sépare des voies, grimpons affolées à l'avant tandis que le conducteur manœuvre encore. Il aura suffit de ces quatre à cinq minutes pour que de nouveau nous soyons trempées jusqu'à l'os. Pas facile de s'adapter au climat tropical!
Nous sommes les premières à prendre place dans cette Micheline à deux wagons.

Tandis que nous nous éloignons, l'orage continue de gronder. Il nous faut choisir : ouvrir un peu ces vasistas au dessus des fenêtres en espérant un peu d'air ou subir ce sauna intérieur et continuer à se faire tremper.

La pluie ruisselle contre les vitres opaques dont certaines sont fendillées. De fréquents arrêts ponctuent notre lente avancée. Pour ces quarante kilomètres je ne m'étonne plus que le trajet dura deux bonnes heures. A chaque arrêt le wagon défraîchi se rempli un peu plus. Nous tangons durement de droite à gauche et vise versa ce qui ne nous permet pas d'oublier la solide armature en fer des sièges.

Au dehors, entre deux soubresauts, je constate que rien et certainement pas cette pluie n'arrête les cubains ; quelques uns courent, mais le plus souvent ils continuent de marcher y compris avec des lourds chargements sur le dos, comme si rien de ce qui tombe du ciel ne pourraient les atteindre. Un enfant avance quasiment à l'aveugle, tête enfouie sous sa veste. Au son tonitruant du klaxon notre train s'emballe, sautillant cette fois, et de plus en plus, il serait impossible d'envisager de lire, juste de rester assis bien sur notre siège...
La brume devenue épaisse conjuguée à la buée me permet à peine de distinguer les phares jaunes des véhicules stationnés aux passages à niveau qui nous cèdent le passage...

Nous voici rejoint dans le compartiment de cette Micheline par un couple familier de la mère de Milène, Mercèdes. Que le monde est petit !

Les éclats de voix joyeux retentissent. A la façon démonstrative des retrouvailles, on saisit vite que le centre du monde pour l'ensemble de ces voyageurs est bien le village de San Filipe. Présentations faites, le couple raconte comment ayant loupé le train à la station, il s'est résolu à le rattraper au passage à niveau suivant, en montant tout comme nous en pleine voie!
Peu de temps s'écoule avant que je n'admire Rose Marie que rien n'empêche de dormir, et surtout pas le couinement des ressorts ou le brouhaha des conversations cubaines. Je ne sais d'ailleurs plus, si dehors l'orage tonne toujours ou si le vacarme est essentiellement à l'intérieur !

Je me sens moite. Il ne m'est pas possible de me distraire en prenant des photos... D'ailleurs, je regrette d'avoir loupé de tirer le portrait à mon voisin, un bel homme dont je découvre les yeux splendides au moment où se levant, il me gratifie d'un "muchas gracias" pour lui avoir cédé le siège à mes côtés un moment plus tôt.
Pour l'heure, je ne cesse de me gratter la tête, soulevant me cheveux demeurés humides ; je me frotte ici et là, les bras ou le dos, ne sachant pas trop s'il s'agit de petites bêtes réelles ou imaginaires qui m'agacent ou plus certainement de tics nerveux dus à la fatigue. Je me sens submergée par l'impérieux désir d'une douche abondante, puis d'une chaude serviette sèche!

Et je repense à ce weekend passé à la Havane chez Milène. Cette artiste peintre talentueuse, est la fille de Mercèdes qui nous accompagne ; c'est aussi la sœur de Mercèdes (tanbien!) de notre amie cubaine qui vit à Paris. Elle nous a accueillis chez elle, et nous avons partagé l'espace de 25M2 qui lui sert d'habitation avec son fils de 7ans. Niché au bout d'une cour, enserré entre quelques autres habitations de la Calle 76, ce pied à terre nous a permit de profiter des multiples opportunités culturelles qu'offre la capitale. Mylène nous a fait vivre un WE des plus joyeux : expo, ballade en ville, danse, plage et pour moi, cours particulier de Qiqong avec le charmant Manuel. Que du bonheur!

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