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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 comme une aventure. Il s'agissait d'un voyage de six mois en Inde, d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé pour illustrer l'improbable : disposer de temps, n'avoir aucun attrait particulier ni attentes pour ce "continent", ne rien vraiment connaître des cultures locales. Une seule régle : un article par jour écrit sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées ; je vous invite à l'indulgence.Jugez vous même de l'intérêt de ce voyage, découvrez "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries", puis les voyages qui ont suivi, les humeurs de l'entre deux, le "Survivre au travail". Mon engouement à prendre mon temps, à cultiver la rencontre, le "rien faire", pour un hyperactive n'a plus jamais entamé mon goût "du partir" pour mieux revenir.

13 Sep

Trinidad

Publié par @line  - Catégories :  #Cubaineries

La ville pavée où l'on trottine doucettement sous peine de se tordre les chevilles... La ville aux murs colorés qui tétanise la vue tant elle illumine le bleu du ciel... La ville enfin où l'on vient se repaître de musiques de jour comme de nuit pour agonir au petit matin en dansant...

C'est la fin de la saison touristique ; se loger chez l'habitant est chose aisée en plein centre ville, sans réservation aucune.

Descendre du bus plonger dans la nuée de bras tendus en l'air au bout des desquels les doigts, agitent une voire deux photos des hébergements proposés ; prendre son souffle, s'accrocher aux lèvres le plus gentil des sourires, le plus poli aussi et avec beaucoup de "Muchas gracias no lo necessito", en ressortir quelques enjambées plus loin, dans la rue colorée.

Il est trop tard pour aller au bureau de change. On verra cela demain. Tant qu'il fait jour autant chercher la bonne auberge, pour le gîte et le couvert. Direction la cathédrale, la Plaza Mayor. Bien décidée à me loger au plus proche de là où se concentrent les bars à musique... Oui, j'admets mes limites : après un Pinacolada mieux vaut que j'ai à marcher trop loin!

Maira la mulâtre et son mari me font la visite de proprettes chambres. J'en loue une, donnant sur l'arbre aux odorantes fleurs blanches du patio intérieur pour 20 pesos, petit déjeuner, AC incluse pour deux : 18€ c'est parfait ! Je ne le regretterai pas, car pour le dîner commandé -langouste, bien sur- Maïra se révélera être une cuisinière hors pair! Incapable d'honorer le festin servi en quantité, j'aurai mon doggy - bag pour mon retour en bus, bien mieux que le sandwich à l'aller!
Quelle différence avec le précédent voyage voilà dix ans où la nourriture était excessivement chère et le choix si limité. Les cubains sortaient alors difficilement d'une période d'étranglement où tout leur faisait défaut! Non pas que là, tout ait radicalement changé, non ; les tickets de rationnement qui permettent d'accéder à la nourriture de base existent toujours, mais le marché libre leur est juste un tout petit peu plus accessible "pour mettre du beurre dans les épinards"! Alors, force est de constater que ceux de la campagne se débrouillent toujours mieux que ceux de la ville, c'est certain ; ce second séjour se déroule principalement en milieu rural cette fois ci ce qui me permet d'en témoigner. Le troc reste une valeur sûre sur l'ile tout comme l’entraide solidaire, les liens familiaux. Et ceux dont la famille est devenue "étasunienne" vivent mieux depuis le règne Obama où l'interdiction d'envoi de mandats a été levée... Bien sur, les cubains espèrent la fin du blocus, que Guantánamo leur soit libéré et rendu. Il semble que les vrais changements n'interviendront dans ce pays qu'après la mort son leader.
En attendant les chinois bien implantés économiquement nourrissent étroitement les échanges, tout comme les autres pays de gauches d'Amérique latine, très admiratifs de la résistance cubaine.

Le tourisme, à la baisse très sensiblement à Cuba est au plus bas, selon les habitants, cette année à Trinidad : la saison des trois mois des rentrées annuelles seraient close...(Nous voilà dans la seconde moitié de septembre) Ce qui explique la facilité avec laquelle il est possible de voyager sans aucune réservation.

Au premier soir, deux lieux différents pour écouter de la musique : des musiciens agréables... ceux de la Canchanchara en particulier, cependant bien moins bons qu'à la Casa de la Musica, du lendemain.
Les Mojitos sont servis forts, j'opte pour le Pinacolada ; mais ces cocktails ont raison de moi de bonne heure... avec ma journée de vingts heures dans les pattes... heureusement que l'autocar permet d'ajuster ses besoins en sommeil!

Le petit matin dés 6h et la fin de journée après 18h, tout comme la nuit, sont les meilleurs moments pour dans cette ville, et pour tout. Les photos évidement : les lumières sont absolument renversantes ; la fraîcheur qui permet de parcourir à pieds les rues sans souffrir de trop de moiteur ; le calme ou la musique selon l'humeur du moment il suffit de se laisser guider à l'oreille.

Petit déjeuner à l'aube pour le second jour, en route pour l'excursion à la cascade de Caburni.
Située à 19km au nord, on y accède par Topes de Collantes (à une heure de route avec quelques virages dangereux, dont celui du mort tout de même!), en plein massif de l'Escambray, l'un des trois domaines montagneux de l'île. Ce fut le refuge du Che avec ses guérilleros avant d'être en 1959, celui de contre - révolutionnaires.
La vue du bar mirador sur la route de Cienfuegos permet d'admirer le panorama sur la baie de Casilda et la péninsule d'Acon. Dommage qu'au moment des photos la lumière n'ait pu être assez bonne et la vue plus dégagée.

La végétation luxuriante à cette altitude moyenne de 900 mètres me laisse ébahie : bambous, pins, caféiers, orchidées, hortensias, eucalyptus... et la fameuse fleur aux vertus médicinales, symbole de Cuba et surtout unique dans les caraïbes, la Mari-posa au délicat parfum. J'en accrocherai une à mes cheveux pour le plaisir d'humer le délicat parfum tout au long de l'heure de descente que nécessite l'accès aux chutes!

3h30 à partir de Topes de Collantes. C'est le temps qu'il nous aura fallu pour descendre puis surtout remonter les 3,5 km pour admirer ces chutes (62m) et les bassins naturels. Arrivés au lac les premiers, c'est durant la remontée que nous croiserons une poignée de randonneurs étrangers, et une famille de touristes cubains.

A la buvette au sommet retour, j'étanche ma soif avec deux grands verres de mangue fraîchement pressée, avant d'atterrir dans une gargote où pour 1,5 Cuc (1€) je prends une assiette d'un riz délicieusement cuisinée accompagnée d'une tranche de potiron.
Calée jusqu'au soir!

Taxi retour. La toute dernière grimpette nous est épargnée miraculeusement : un australien qui buvait en notre compagnie son jus de fruit attendait assis à terre que son chauffeur termine de changer la roue crevée du véhicule ; il nous offre la remontée en voiture ! Sauvée par la gong ! J'en pouvais plus!

Le nôtre de chauffeur, moins zélé et bien moins ponctuel, avait pris la poudre d'escampette et s'en était allé se restaurer!

Une bonne douche au retour un quart d'heure de repos sous AC et voilà toute l’énergie revenue. Prête pour ressortir avant le dîner et surtout le RV musical du soir ; juste un court temps de flânerie appareil photo en main, parcourir quelques unes des nombreuses galeries - boutiques à la recherche de petits cadeaux artisanaux légers.

Ce soir là, le plus beau des cadeaux, je rencontre un vieux musicien chanteur d'exception...

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