Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line
La pirogue équipée d'un moteur gronde. Quinze bonnes minutes nous amènent au lieu de pêche où nous sommes sensés traquer la carpe. Notre piroguier-pêcheur nous sort le matériel et nous instruit sur la façon d'hameçonner la crevette.
Pendant ce temps à l'ombre du bateau, en eaux profondes ça s'agite. Les conseils des vieux briscards aux plus jeunes délivrés : "ne seront pris que ceux qui s'imaginent que si ça brille faut croquer ; croquez pas, grignotez autour. Patience ; il arrive toujours un moment où les eaux s'assombrissent et où l'on mange sans risque de se faire prendre par ces oiseaux qui se laissent tomber sur nous ou par ces ".
Au dessus, on se recueille en silence. On guette les petites secousses au bout des doigts et on remonte le fil nylon de temps en temps... on se lamente : " Ah les filous ! Ils m'ont mangé ma crevette ! "
Et on relance le fil et le plomb loin devant.
Deux heures plus tard les mêmes. L'une, bredouille choisit de faire la carpe. Le piroguier lui, aurait porté malheur en tirant de l'eau un petit poisson-crapeau ! ( Dixieland Biram, notre guide, "sorti en 1er, tu peux te rhabiller!"). "Laissez le vivre il est trop petit" lui dis-je... mais non, "certains aiment cela " me répond -t- il en pêcheur averti.
La dernière sauve l'honneur avec un énoooorme Mérou que nous sortons de l'eau en nous y mettant trois !
Et pour ne pas déplaire au piroguier elle grenouille un autre poisson-crapeau... ils font la paire!
Tandis que dans le monde du dessous, les carpes en sourdine se congratulent... muettes de plaisir elles avalent le reste crevettes que balance par dessus bord notre piroguier-pêcheur avant de lever l'ancre et rentrer au soleil couchant sans un mot dire.
Les paysages sont sublimes. Bientôt la nature se dessine en ombres chinoises.
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