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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.

"L'autographe en quatre étages... (1856) de Victor Hugo

"L'autographe en quatre étages... (1856) de Victor Hugo
"L'autographe en quatre étages... (1856) de Victor Hugo
"L'autographe en quatre étages... (1856) de Victor Hugo
"L'autographe en quatre étages... (1856) de Victor Hugo
"L'autographe en quatre étages... (1856) de Victor Hugo
"L'autographe en quatre étages... (1856) de Victor Hugo

La maison d'exil.

Le "Père de France", académicien, député, représentant du peuple à Paris vivait une vie mondaine Place Royale où il s'était installé en Octobre 1832 ; lors de ma dernière visite j'ai gardé le souvenir du 1er étage, de cette salle aux murs entièrement couverts de cuir de Cordoue... Cette entrée sombre, évoquait probablement les souvenirs d'enfance en Espagne (Palais Macerano)... juste avant de tout quitter pour la Belgique, il vendra tout. Essentiellement les meubles, les tableaux, les objets, avant cette fuite qui le mènera à Jersey tout d'abord, rejoindre une vaste communauté d'expatriés actifs, solidaires... expulsé de nouveau, c'est à Guernesey qu'il se choisira une liberté nouvelle, pour vivre avec "la salive de la mer"...

Après une année de location au 20 de la rue de Hauteville ( là où il logera sa maîtresse Juliette Drouet par la suite), il achète cette maison de pirate, (au 38 de cette même rue) celle qui se nomme aujourd'hui encore "Hauteville House". Car Victor Hugo fut locataire partout... même à Paris. Or voilà, que la publication des contemplations, vif succès, lui rapporte énormément d'argent. D'argent ? Il n'en a d'ailleurs jamais manqué en exil. Ce sera donc, la première et l'unique fois où il devint propriétaire de sa maison. Lui qui a tout perdu se refait des racines, de celles qu'il n'a jamais eues. Il conçoit et aménage sa maison comme une œuvre à part entière, pour lui, pour sa famille, ses enfants déjà adultes et, ses petits enfants.

Dans cet exil, il était arrivé avec une somme incroyable de travaux littéraires à terminer. Sa maison sera une œuvre de plus... à rajouter à la dizaine de livres qu'il a écriten 15 ans d'exil. 

Plus de patrie, plus d'honneurs, plus de toit...il va compenser, lui, l'enfant tôt abandonné par sa mère, lui, qui "n'avait pas un lendemain à vivre", né à Besançon, d'un père militaire ; lui, qui n'aura jamais connu ses parents ensemble... Il va construire ce lieu à lui, où, chaque centimètre sera pensé, façonné à la dimension de son imagination.... de son goût pour le théâtre, illimité.

Durant tout le second empire aucune de ses pièces n'aura été représentée puisqu'il est interdit. Aussi retrouve-t-on toute sa passion du théâtre et de la mise en scène transposée à Hauteville house où, tout est décor, clins d'oeil, fantaisie.

À droite de son lit, un rideau cache un minuscule escalier dérobé par exemple... Dans la salle à manger, une porte dérobée dans le mur cache une minuscule pièce obscure toute équipée où, avec ses fils ils développaient leurs photos. Dans sa petite chambre à coucher préférée près de la terrasse au dernier étage, les panneaux dessinés et marquetés par ses soins cachent ingénieusement des bibliothèques...

Il s'agit d'approcher et de comprendre la construction de cette maison comme une œuvre à part entière. Il y met tout son génie, toute sa force créative, sans brider son imagination. Et tant pis si parfois l'aspect pratique ne l'emporte pas sur l'esthétique, l'artistique! Le chandelier face à son immense lit en est la preuve : jamais on ne put y allumer une chandelle! Le plafond aurait brûlé !

En 1878, il fait un ultime séjour à Guernesey, où il rédige son dernier livre : " Quatre-vingt treize."

Des photos publiées dans la Presse de son vivant montrent les intérieurs travaillés de sa maison. Sachez qu'elle fut très visitée. On frappait à la porte pour la visiter. Qu'il y soit où pas, il autorisait les visites.
En témoigne, une publication en 1864 "Chez Victor Hugo par un passant", ou les célèbres reportages d'Edmond Bacot.


Les jours qui viennent : la suite, en images, le jardin de la demeure... les vues sur la mer, Guernesey.


 

Hauteville House

38, rue Hauteville,

Saint Peter Port

sur l'île anglo-normande de Guernesey

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