Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
On ne peut pas parler de l'immigration en Argentine sans évoquer une gare. Chacune a son histoire. Dominguez est une ville qui a été pensée au plan urbanistique, que l'on a surnommée "la petite Paris".
Nous sommes en plein cœur de la région gaucho juive. 1200 familles, centre logistique de plus d'une quarantaine de villages.
À Dominguez, ce qui fut construit en dernier ce fut la synagogue. Les migrants d'origine n'étaient pas particulièrement portés sur la pratique religieuse même s'ils avaient un certain niveau de culture juive. Aussi ces "migrants du Baron de Hirsch" et ces colons d'Europe s'intégraient, tout comme ceux qui les avaient précédés, d'ailleurs ceux là, carrément se créolisaient. C'était vers 1810.
"La campagne du désert" (ainsi nommée 1875) désigne l'éradication des indigènes. Des massacres cruels (menés par le dictateur Roca) sur ces terres visaient à les déposséder afin d'installer par la suite les migrants en leur vendant les terres.
On vit mal dans les pays d'Europe en crise économique. Et puis, 1881, coïncide avec les pogroms en Europe de l'Est, ce qui permit à l'Argentine d'inviter ces volontaires à l'immigration à s'installer et de créer un mouvement migratoire d'importance. (Italienne notamment).
Le gouverneur général Dominguez choisit cet endroit au regard du tracé du train. Le principe : une station, une colonie.
Nous avons visité à Dominguez, un hangar datant de 1892. C'est là que s'entassaient les migrants une fois descendus du train, dans l'attente d'une signature pour recevoir leurs terres... signer pour vingt années d'engagement, recevoir une maison, des semences. La taille des ranchs dépendait de la composition de la famille. Aussi, certains juifs avaient-ils confié leurs enfants à des couples qui n'en avaient pas ou peu afin d'accroître le nombre d'hectares et la taille de la future propriété. Certains venaient avec leurs neveux, nièces, ou les enfants du voisins qui leur avaient été confiés pour échapper à une vie misérable... si eux-mêmes ne pouvaient pas voyager.
Parmi les premiers migrants, beaucoup sont morts de malnutrition, de maladies diverses liées au climat et du typhus. À Dominguez fut établi le premier hôpital israélite d'Amérique du Sud.
En 1910, on dénombrait 49 villages autour de Dominguez. La figure du gaucho (juif) fit l'objet d'un livre qui revalorisa la figure du "bon gaucho" en général (Cf. l'écrivain Alberto Gerchunoff, dans son livre "Los Gauchos judíos").
Les migrants étaient accueillis, installés et initiés par des gauchos anciens migrants, au b-a ba du travail des champs et a tout ce qui était relatif au bétail.
Considérable fut l'aide de l'ingénieur agronome Sakharov qui permit d'organiser et fonder le travail des coopératives en Argentine. Ses decouvertes transformèrent le quotidien des gauchos. Naquit à Dominguez la plus grande coopérative agricole d'Argentine.
Le déclin :
1992. Avec la cessation de l'activité ferroviaire.
La vie extrêmement prospère économiquement et culturellement décline... conséquemment.
Hormis l'activité agricole intense, n'oublions pas qu'il y avait plusieurs journaux en yiddish, des théâtres, donc des accueils de comédiens de New York - du théâtre yiddish - et des troupes permanentes locales, des clubs, des écrivains, des poètes et chanteurs, musiciens, danseurs.... les revues témoignent d'une programmation culturelle extrêmement foisonnante.
Les 150 000 personnes investies dans les colonies Argentines, s'étiolent. Aspirés par les villes urbaines plutôt que la rude ruralité. Nombreux reprennent leurs métiers d'origine : tailleurs, chausseurs, Ébénistes, cordonniers, coiffeurs, etc,... Quant aux enfants, ils sont élevés avec l'idée de faire des études, et très vite, c'est dans les grandes villes qu'il leur faut aller et ils embrassent toutes sortes de professions désormais.
Aujourd'hui à Dominguez 25 000 habitants et 3000 juifs demeurent encore aujourd'hui.
Dates repères migratoires:
1882 de l'Europe
1918 de Pologne
1926/40 d'Allemagne
1972 la migration stoppe (car fin du dernier contrat de 20 ans).
L'Argentine fut LE pays de la liberté... Écouter l'hymne national.
Les plus concernés furent les juifs, car les autres n'avaient pas QUE des problèmes économiques... aux juifs, la liberté offerte en Argentine leur permettait en plus d'EXISTER sans entraves.
LA VISITE
En ville après la visite du hangar d'accueil des migrants à 800 mètres de la gare, le bâtiment rose en fond de rue, c'est l'immense bibliothèque. La synagogue minuscule, très frustre, avec l'effigie de Golda Meïr. Les rues sont de belles largeurs, les bas côtés sont entretenus et fleuris partout, (même aux abords des champs hors ville), jamais un mégot ou un papier au sol.... Les poubelles sont placées à hauteur d'homme. On ressent bien évidemment que l'on ne manque pas d'espace.
Les lieux juifs sont nombreux, les plaques commémoratives, et les habitants de Dominguez connaissent bien l'histoire passée locale. On discute facilement avec eux, puisqu'il n'y a pas de tourisme de masse ici qui les envahisse.
Notre guide historien -qui n'est pas juif- est d'ailleurs la référence locale de la mémoire juive. Oswaldo Quiroga est de tous les documentaires sur le sujet de l'immigration, juive notamment. Il a fondé le musée que nous avons visité et le centre d'archives documentaires associées. Grâce à lui des milliers de documents ont été restaurés et conservés. Il passe des contrats avec les établissements scolaires pour pouvoir avoir de la main d'oeuvre et instruire ainsi un encadrement historique pédagogique.
Ce musée est le plus important des colonies. Il existe depuis 35 ans. Déménagé trois fois car trop petit il occupe désormais le bâtiment de l'ancienne pharmacie.
Si initialement l'intérêt de conserver des archives n'était pas dans les préoccupations des gens de Dominguez, de partout aujourd'hui on vient ici afin de consulter les archives qui concernent l'immigration en général, juive en particulier, et l'histoire unique d'un baron qui a consacré toute sa fortune à la colonisation. Bibliographies, documents et objets ont été collectés. On retrouve les listes des bateaux et passagers, les documents octroyés aux colons. Une même histoire peut être lue de différents points de vues, donc croisée ce qui est fondamental pour les chercheurs ; les histoires du développement commercial, celui d'individus ou de familles, celui de l'histoire sociale de groupes de migrants....
Tout a été obtenu par des dons ou des sauvetages... Actes civiles, passeports etc.,... le dernier document est celui de la fondation de la coopérative, de sa faillite.
Tous les documents de cette coopérative allaient être vendus au poids "comme papiers" ; avec des étudiants de l'école du secondaire - en stage - ont été numérisés et enregistrés toutes les archives ainsi récupérées. (Plans et documents généalogiques ainsi que revues agraires en priorité). Ils sont soutenus désormais par un musée de Buenos Aires.
Les archives photographiques sont en cours de digitalisation également par la fille de notre guide et des étudiants.
Ceci témoigne du patrimoine culturel des colonies. Dominguez est devenu le centre de documentation historique international de référence. Il ont créée un drapeau qui identifie leur appartenance ET intégration, juifs et non juifs dans ce village de Dominguez d'Entre Rios.
Les politiques jusques là peu préoccupés par tout cet investissement, commencent à entrevoir l'intérêt de soutenir cette activité qui pourrait dans l'avenir favoriser un tourisme et des retombées d'emplois. Rappelons que la population locale vit essentiellement d'aides de l'État.
Anecdotes :
Des manecos (noirs) partageaient la même éducation que les juifs des colonies... à d'Entre Rios. Ces noirs parlaient même le yiddish et se moquaient des blancs becs qui ne le parlaient pas !
Les natifs des colonies d'Entre Ríos célèbres:
Joseph Kessel, Daniel Bareimbom (Parents) Grégory Peck et José Néstor Pékerman Krimen (ces deux-là sont parents éloignés, et Peck n'est pas né à Villa Dominguez, bien que sa famille y était), Martha Argerich ( Parents),....
Mercis :
- infiniment à Lloica Czackis directrice de Valiske pour avoir mis au cœur de ce voyage ces rencontres aux sources de l'immigration Argentine. Entre Ríos est dans conteste l'endroit incontournable et le clou de ce voyage à cet égard. La qualité des guides acteurs de cette histoire, impliqués dans la conservation et protection documentaire est émouvante, nécessaire et d'utilité publique.
- au modeste Oswaldo Quiroga, fondateur, directeur de ces lieux ci dessus cités, à qui nous devons beaucoup pour sa pugnacité depuis 35 ans dans ce travail de mémoire historique, et sa contribution au patrimoine de l'histoire juive mondiale.
- enfin à mes lecteurs pour la tolérance liée aux imperfections pour " ces écrits " qui ne sont guère plus que des notes de voyages, qui me permettront de raconter... Ou dialoguer avec ceux dont la curiosité aura été éveillée.
Nota : les photos sont brutes également... Non recadrées, ni travaillées. Certaines trop lourdes n'ont pu être téléchargées.
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Museo y Archivo Regional de las Colonias Judías del Centro de Entre Ríos, Villa Domínguez, Argentina
El "Museo y Archivo Regional de las Colonias Judías del Centro de Entre Ríos", ubicado en Villa Domínguez ( www.museodelascolonias.com.ar) conserva valiosos documentos, fotografías, libros ...
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Museo y Archivo Historica "de las Colonias Judias"
The European Holocaust Research Infrastructure Online Portal
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Valiske - Voyages autour du monde juif
Depuis 2003, Valiske organise des voyages autour des histoires et des cultures des communautés juives dans le monde entier. Établis en France, à la frontière allemande et non loin de la Suisse,...