Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.

Des vertues de la noix de coco

Des dizaines de communautés Hindous tout au long de l'année collectent des fonds afin d'organiser au moins une fois, ce qu'ils nomment, un "festival": une fête religieuse.

Nous avons eu la chance de tomber à pic, pour assister à l'une d'entre elles, à 30 km au nord de Khozikode (ex Calicut) à Baluseri Temple. Ceci, grâce à Rajeev, notre guide - instructeur de Kalaripayat, dont vous ferez prochainement connaissance, amis lecteurs -auprès duquel avec insistance, nous avions expliqué notre intérêt soulevé à la suite de la parution d'un article dans le magazine "Géo" à propos de rites tribaux ayant lieu entre janvier et avril dans le nord du Kérala comparables à la cérémonie du Teyyam...

Après maints recoupements d'informations, il en trouva une indication et nous nous présentâmes à cette fête nommée "Pattu (chants) Maholtsavam". Là, aucun touriste, Rajeev demande au chef de la communauté une autorisation d'entrée pour nous. Accordée. Du coup, nous voilà en train de saluer le cercle des notables de la communauté. Nous sommes reçus et l'objet de maintes attentions : une chaise placée près du ventilateur, des questions polies sur le sens de notre curiosité pour leur fête.  Puis on nous sert à la louche une boisson sucrée à base de riz et de noix de coco, totalement exquise et rafraîchissante. Suivent diverses friandises issues de pots recouverts de torchons humides. Et, s'assurant de ce que nous n'ayons pas faim, ils nous proposèrent de diner avec les pélerins (grâcieusement) un thali servi sur une feuille de banane.

Débutent alors des prières en différents lieux du temple. Certaines incantations sont accompagnées de musiques répétitives d'autres rythmées au son de tambours ; des danses et de chants enflammés porteront la foule à la limite de la transe. Ensuite des démonstrations de danse classique indienne regroupent un public de femmes et d'enfants captivés, alors que les hommes, bien qu'en retrait ne dédaignent pas totalement le spectacle.

Ensuite, la procession des 4 éléphants montés de jeunes adolescents munis d'ombrelles ou d'oriflammes chatoyantes prend possession du dieu Shiva depuis le centre du temple, pour l'emporter et le déposer au pied de l'arbre sacré à l'entrée du parc. Cette parade, temps fort de la cérémonie à la nuit tombante, accompagnée à chaque pas par une musique ensorcelante, éclairée par les flambeaux d'hommes mi-nus, se réfléchira en mille feux sur les parures  couleur or des mamifères au savant maquillage scintillant.

Une fois le dieu déposé au pied d'un arbre séculaire, des offrandes lui seront dispensées sous les yeux d'un public divisé entre ceux qui observent du haut des talus les rites, et ceux qui, au creux, masses, murmurent des prières ou scandent impétueusement des phrases sacrées, les yeux exorbités par la fatigue accumulée au cours des trois jours et trois nuits précédentes.

Dans l'air ambiant, se mêlent des odeurs de transpiration à celles de la graisse des torches, ou à celle de l'encens ; puis aussi, celle de la poudre laissée par le feu d'artifice qui cassera la transe et focalisera vers le firmament un moment tous les regards unis.

Pendant ce temps, dans l'enceinte sacrée du temple ou seuls accèdent les Hindous, huit artistes réalisent a la poudre de riz et aux pigments des Kholams. Par la fenêtre nous avons pu en photographier un. Il représente le dieu a serpent, dieu de cette communauté d'accueil. Nous sûmes par la suite qu'après 4 h passés à aboutir l'exécution de ces tableaux, en quelques secondes ils furent détruits vers 3h du matin par le concasseur de noix de coco ! Car l'homme après quelques dévotions, doit danser dessus ; ensuite, il prend une douche et revient vers la montagne amassée de 1200 noix de coco qu'il fracasse une à une contre une pierre 1h15 durant... au rythme lancinant du tambour.

A l'issue de ce moment très prise par le public en dévotion, le contenu des noix cassées est distribué pour des onctions qui seront pratiquées là même où les Kholams ont été réduits en poussière.

Epuisés par la chaleur, l'humidité, l'attention soutenue plusieurs heures durant, a baragouiner en angrez avec de très gentils !ndiens curieux et étonnés de notre présence parmi eux, nous avons rejoint notre chauffeur qui patientait depuis une dizaine d'heures afin de nous reconduire à notre hôtel, à Khozikode, au petit matin, alors que le soleil pointe au loin sur une mer étale...

*NDLR = angrez= mot familier employé par les !ndiens pour désigner l'anglais qui, à mon sens, traduit bien la prononciation parfois malaisée à comprendre...

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
K
Je trouve que tu vois des choses magnifiques Régine
Répondre
K
Je ne sais si mes commentaires  passent Régine
Répondre
K
Extra et les photos et les récits Je suis pas à pas votre si magnifique voyage Bisouxx.REGINE
Répondre
J
Et le chauffeur a attendu !!! Incroyable ! Et le monsieur a cassé les 1200 noix ce coco ! Une à une ! Quelle patience ! Quelle abnégation ! Cette expérience est formidable ! Et moi je suis bloquée sur les !!!!!!!!!<br /> Cyberbises. J.
Répondre
P
genial ce billet !
Répondre
T
Toujours aussi intéressant de suivre votre périple, surtout avec des infos aussi pertinentes. Quelle mine d'or pour les amateurs de ce si beau et non moins immense pays... :0014:
Répondre