J'ignore pourquoi une fois sur deux mes séjours Berlinois se déroulent en hiver. Le hasard des circonstances. Mes adorables amis habitent Friedrichshain à 15 minutes à pied du "RAW", le friche d'artistes au pied de la station Warschauer après le pont. J'ai beaucoup photographié ces lieux les fois dernières.
Aujourd'hui visite d'un autre bunker au quartier de la Mitte. Celui d'un riche collectionneur répondant au nom de Désiré Feuerle.
Une grande collection de statues d'Angkor, des meubles antiques chinois, des photos sado-maso noir et blanc avec des modèles chinoises, quelques œuvres contemporaines dont une de l'artiste indien Anish Kapoor devant laquelle le collectionneur est photographié.
Aucune œuvre n'est identifiée, la scènographie dans une pénombre soignée projette des jets de lumière sur les sculptures, ajoutant aux œuvres des ombres minimalistes qui conférent un mystère certain à ce lieu clos bétonné. Des miroirs savamment aposés ici et là sur des murs choisis réfléchissent l'espace en un sombre infini.
Le clou de cette exposition est une œuvre intitulée "lake room".
Derrière d'immenses baies vitrées les colonnes de bétons à peine éclairées immergées se dressent sobrement. Au premier regard on ne voit qu'un espace architectural mis en scène, et l'on pourrait passer à côté dans rien distinguer de plus. Se poster devant et s'y abîmer quelques patientes minutes fait entrevoir l'eau et ce lac mystérieux...
C'est magique !
La visite est accompagnée d'une jeune femme presque sortie des photos noir et blanc exposées. Nous n'étions que huit pour la visite de ce bunker sur deux niveaux.
En sortant nous avons marché jusqu'au parc de Gleisdreieck où poussent de nouvelles constructions, la Brasserie BRLO très fréquentée aux beaux jours par les familles autant pour ses bières que pour la restauration et les jeux pour enfants était fermée. Dans le parc, j'ai pu observer le train qui traverse un immeuble d'habitations avec des appartements habités au dessus et en dessous de la station !
Pour conclure, se réchauffer quoi de mieux qu'un bon Ramen noir ? Cela a été mon choix. Je le suis régalée... fatiguée, je me suis assoupie à notre retour et j'ai loupé l'heure du concert.
Nous nous sommes consolées avec un bon verre de vin rouge fruité léger, un merlot allemand recommandé par le caviste d'Aurelie. Fip en sourdine, bavarder c'est bien aussi... quand on sait combien dehors il fait froid !