Écrit immédiatement après la chute du mur de Berlin et de l’Union soviétique, le texte est pétri des inquiétudes de fin de millénaire et des théories de Francis Fukuyama sur la fin de la guerre froide.
Angels in America opère un retour sur l’histoire américaine avec quelques grandes figures telles que Roy Cohn, homosexuel honteux et maccarthyste convaincu, hanté sur scène par le fantôme d’Ethel Rosenberg qu’il a largement contribué à condamner à la chaise électrique. Une multitude de références religieuses, cinématographiques et historiques créent l’alliage de cette pièce qui convoque anges et démons.
Car c'est une galerie de personnages que cette pièce rassemble, où s’affronte à la maladie dans cette Amérique du Nord de Ronald Reagan. Lui qui a farouchement lutté pour ne pas voir l’urgence de prendre acte de cette épidémie qui allait coûter trop de vies.
Arnaud Desplechin taraudé par ce texte depuis sa lecture avait vu une représentation de 7 heures, s'était promis de l'adapter. 3h c'est bien assez et si il y a du plaisir à constater l'influence indéniable du cinéma dans cette mise en scène elle n'en reste pas moins relativement classique.
Une mention spéciale à Dominique Blanc qui incarne 7 différents personnages avec brillo.
Texte de Tony Kushner.
Version scénique et mise en scène par Arnaud Desplechin,
du 18 janvier au 27 mars 2020
à la Comédie Française