Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line
Le premier jour du reste de ma vie partiellement déconfinée... rien de spécial ; ou plutôt si, l'énorme soulagement de ne plus avoir à s’écrire son petit mot d'excuse justifiant l’intérêt de ladite sortie.
Les premières sorties on étend son territoire à pied. Puis on s'aperçoit que si l'on n'aime pas les Sanisettes publiques, il faudra pas s'éloigner trop de chez soi.
Les bancs condamnés, les parcs fermés, les restaurants, cafés et terrasses clos... les queues devant les commerces de bouche, quelques boutiques de fringues ouvertes, à l’intérieur on guette le client. Ambiance méfiante.
Le Corrona tapi nous observe, guette nos visages masqués, prêt à sauter sur celle ou celui qui ne respectera pas la distanciation sociale recommandée. Et il en est qui agressivement s'en prennent aux plus vieux, Mais enfin? N'ont ils pas compris qu'on leur dit de rester chez eux ? Et dans les bus il ne fait pas bon d'être asiatique... L'émeute ne demande qu'une étincelle. Beaucoup de marcheurs du coup. Les gens du quartier majoritairement. Le printemps est chaud cette année 2020 à Paris où l'on sent que les gens aspirent à un brin d'insouciance dans ces premières échappées. Très vite le sentiment d'être resté emprisonné à ciel ouvert reprend le dessus.
La ville à l'animation urbaine restreinte appelle la musique dans la rue, les danseurs à danser, les chanteurs à chanter, les bateleurs à la harangue, le théâtre dans la rue, les artistes à peindre sur les trottoirs, les poètes à déclamer afin de déconfiner nos espaces leur redonner couleur saveur odeur musicalité.
La culture à l'air libre. J'aspire à la respirer.
Finalement, si l'on ne peut se mettre au vert, sortir pour juste apprécier le niveau de cette illusion dans la "reprise de vie" n'a que peu d’intérêt. Sans la socialisation nous sommes peu de choses.
Je rentre chez moi après deux heures de baguenaude. 12 000 pas c'est mieux que les 4 000 du confinement. Un Bento à emporter pour fêter cette étape, chez moi. Je croise une personne voilée. Je ne peux m’empêcher de rire sous mon masque ! Quelle différence entre elle et moi là de suite ?
Plus que jamais j'ai juste envie de voir de beaux paysages, de sentir la nature, de la respirer.
On peut, après tout, vivre sans le je ne sais quoi, comme on peut vivre sans philosophie, sans musique, sans joie et sans amour. Mais pas si bien.
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