Le Grand Palais Éphémère c'est le lieu événementiel destiné à accueillir pendant la restauration du Grand Palais les grands événements habituellement organisés dans la Nef tels que la FIAC, Paris Photo, etc,... Site olympique, le Grand Palais Éphémère abritera à l’été 2024 les épreuves de judo et de lutte, de rugby en fauteuil et de para-judo avec vue imprenable sur les jardins de la tour Eiffel, d'un côté, l'école militaire de l'autre. L'accès sur la place du Maréchal Joffre dont la statue intégrée au bâtiment par l'architecte Willmotte & Cie a profité d'un lifting pour l'occasion, baigne de lumière.
La structure du bâtiment est conçue pour être modulaire et pourra être réutilisée dans de multiples configurations après sa désinstallation du Champ-de-Mars, à l’automne 2024. La modularité, l’utilisation de matériaux durables tel que le bois pour la structure fait de cette structure éphémère un bâtiment insonore intéressant. Il s'y tient présentement la première foire artistique post-confinement.
Inutile de décrire la joie à renouer les découvertes jouissives des arts plastiques...
Cette 23ème édition réunit 140 exposants de 22 pays, plus de 900 artistes représentés, 35 % de participation étrangère, 65 % de galeries françaises, 39 % de nouvelles présences, venues majoritairement d’Europe, mais aussi de rivages plus lointains comme la Corée, la Colombie, la Côte d’Ivoire, le Guatemala ou l’Uruguay.
D'ailleurs bien plus que l'anglais, c'est l'espagnol que j'ai beaucoup entendu parler dans les allées... ce qui ne nous a pas trop dépaysées mon amie péruvienne et moi...
Les grandes galeries que je pratique de temps à autres étaient bien là Templon, Lelong, Bucher, Bert...
Pour celles et ceux qui n'auront pas le plaisir d'y aller, reste le site internet avec la visite virtuelle de la foire et ses filtres de recherche par artiste, ordre de prix, origine géographique, technique...
Car ne l'oublions pas, pour la majorité de ceux que j'ai croisé aujourd'hui, il y a avait certes des amateurs, mais bien davantage d'investisseurs... Quelle meilleure épargne qu'un petit Combas à 26 000€ (L'effroyable cri à gros oeil/1995- Galerie Bert) ?
Les acheteurs qui quémandent les "modestes" petits formats spéculent et créent le marché autant que ceux qui acquièrent les œuvres majeures d'artistes à la côte ascendante. La crise Covid mondiale n'a-t-elle pas enrichi conséquemment les plus riches ? En ce lieu où le "non-essentiel" se mesure en dizaines voire centaines de milliers d'euros, la valeur n'attend pas forcément le nombre des années... même si, pour le plaisir des yeux des badauds, les galeristes sortent de leurs réserves personnelles et, exposent, leurs "très modestes" acquisitions anciennes ; ainsi ils donnent à voir de rares petits formats de Jean Dubuffet (tels ces deux dessins coloriés pour lesquels je n'aurai pour la part rien misé !), un banal Zao Wou-Ki, les chiens d'Henri Cueco, de petits Jean-Michel Alberolla, les nombreux dessins de Picasso ou encore les petites compressions bleues et moulages/sculptures de César.
Les récentes oeuvres de Gérard Garouste, côtoient des artistes peu connus d'origine africaine vivants en Europe ou aux USA tel
Omar Ba (Sénégal/Galerie Tremplin- The white road - 2021), Alia Ali (Galerie 193 - Pulse, 2021), et dans ce foisonnement, j'ai noté parmi les nombreux portraits figuratifs celui de la "Black Madonna" de Lita Cabellut (2021/Opéra Gallery), et du même galeriste, le coréen Kwang-Young Chun et ses agrégations (2015), ou encore le travail singulier du belge Fred Eerderken devenu célèbre pour sa façon particulière de sculpter des formes abstraites, de jouer sur les ombres et lumières, former des mots, telle une anamorphose ; l'ombre portée révèle un mot, une phrase cultivant l'ambiguïté du langage, du rapport au support : "Sometimes words don't have endings" (2019).
Et les sensuelles "Incisions" sur papier d'Angèle Guerre ( 2021- Septième Galerie) ou peaux... Le dyptique "Book of miracles- Trees (2020/Templon) d'Abdelkader Benchama, et toujours chez Daniel Templon, Jean-Michel Alberola "Le roi de rien"(2021).
À la galerie Richard, le fruité ludique, tout en pâte " Shooting for fifteen ... erring as forty five", (2014): joyeux, tonique, cet américain au nom de Dennis Hollingsworth. Également Kliyoshi Nakagami qui dessine sur toile de coton puis trace à l'encre de Chine les détails de paysages d'eaux bouillonnantes blanches effervescentes dans une implacable minutie.
Et pèle mêle les plumes blanches de pigeons de Kate Maccgwire... 2013/2016, et "Dial M for Murder" (2021) d'Alain Josseau (Galerie Claire Gastaud....
Enfin déguster le meilleur couscous de Paris (Merci Moncef pour cette recommandation), et clôre la journée avec Jean- Marc en charge de prolonger la durée de vie de mon pass et d'en amortir le coût (!!!) pendant que j'irai danser sur le pont de Nantes.... un bal y est donné ...