Alors ? Il n'y a pas eu de belle reprise après le COVID? Les salles de cinéma demeurent désespérément vides... nous dit-on. 30 à 40% de perte de spectateurs !
Ne faudrait-il pas rappeler qu'il n'y a pas eu depuis trois ans, de raz de marée de "bons" films, où plus simplement de films d'exception ? Les longs métrages sont de plus en plus longs : les deux heures voire deux heures vingt, deviennent " une norme"... et si, en plus on s'y ennuie, comment voulez vous que l'appétit nous revienne?
De surcroit, les meilleurs films de l'été et du début d'automne, ont presque tous porté sur des thèmes de société âpres, tristes,... J'evoque là, cette flopée de films iraniens, turcs, ou arabes où la société civile est prise en otage de la pensée extrémiste, ou ces couples où la femme -ou l'enfant- sont maltraités... alors, quelque soit le pays, le sentiment qui se dégage, c'est que le même film se joue sans cesse, la même oppression écrase l'actualité.
A-t-on vraiment envie d'enchaîner ces réalités là, alors que les informations quotidiennes nous assènent chaque jour une dose de violence que l'on s'emploie à vite oublier afin de continuer à respirer?
Pour ma part - comme vous peut-être ? - ce sont des comédies, légères intelligentes, joyeuses, que j'attends... des histoires tendres, drôles, caustiques qui me rapelleraient l'une des fonctions essentielle du cinéma, celle qui transporte, fait rêver, fait oublier toute la misère du monde !
Retrouver de l'optimisme, de la légèreté pour pouvoir apprécier ces documentaires géopolitiques... si utiles, si nécessaires aussi. Le cinéma du réel ne peut trouver sa place et sa force, que parce qu'il côtoie aussi celui du rêve, de l'imaginaire, du festif, de l'insouciance, de la dérision...
D'ailleurs, bientôt le festival "Un état du monde et du cinéma" va revenir au programme du forum des images (du 9 au 18 Novembre 22) et nous serons éblouis par l'audace, la résistance, les témoignages que portent ceux qui réalisent ces films...
Après ces quasi trois ans post- COVID, l'aspiration à des moments récréatifs à des propositions sur grand écran plus alléchantes, plus inspirées est devenue une urgence, sans quoi, les multiples plate-formes -telle Netflix- gagneront définitivement la bataille... avec des arguments de projection au confort individuel qui s'imposent déjà : choix de la langue, de sous titrages, coût maîtrisé.
En outre, les salles de projections doivent se renouveler, offrir non seulement un confort d'assise, mais une qualité d'image et de son a un coût défiant toute concurrence... sans quoi, elles disparaîtront !
Mes derniers films :
- "Sans filtre",
Le film de la Palme d'or à Cannes en 2022... réalisé par Ruben Östlund est une satire des riches et des équipages qui fréquentent, travaillent sur ces croisières de luxe.
Le culte de l'apparence, le consumérisme, les réseaux sociaux et l'industrie du loisirs violemment critiqués, c'est en accompagnant une influenceuse et son compagnon que le spectateur sera vite au comble de l'effroi.
Scénario original. Bien joué. Cinglant à souhait comme pour ses deux films précédents : Snow thérapie & The Square.
- "Les enfants des autres"
de Rebecca Zlotowski.
Épanouie dans son métier de professeur de français, c'est lors d'un cours de guitare qu'Alice fait la rencontre d'Ali, et une histoire d'amour commence.
Avec Virginie Efira & Roschdy Zem sobres et justes dans le ton. Un vrai sujet de société quasi jamais traité, tout en subtilité. Magnifique.
- "Juste sous vos yeux",
est un film sud-coréen réalisé par Hong Sang-soo. Le masque et la plume l'avait vanté comme LE grand film à voir cet automne... au point que je me suis rendue exprès au Champollion pour le voir en payant le double mon entrée ! J'ai trouvé les trois-quart du film (2h10!!!) d'un ennui mortel. La dernier quart où je n'ai pas somnolé, supportable. Mais vraiment,... moi adore d'ordinaire les films coréens, celui ci restera dans le lot des exceptions!
- "Tout le monde aime Jeanne"
réalisé par Céline Devaux avec Blanche Gardin, Laurent Lafitte.
Je me suis ennuyée avec cette Jeanne... scénario plat, vaguement poétique... gnangnan... Oui, c'est un peu niais!
- "Simone, le voyage du siècle" de Olivier Dahan avec Elsa Zylberstein, Rebecca Marder et Elodie Bouchez.
Malgré la performance d' Elsa Zylberstein, je m'y suis ennuyée. Rien de nouveau quant à biopic d'utilité historique discutable où le contrepoint pâlo du rôle du mari de Simone m'a particulièrement agacée... la seule partie dynamique du film - une poignée de minutes - est celle des années Giscard, où elle porte littéralement le vote de la loi pour l'avortement, or c'est déjà très connu...
Un film tout de même besogneux et larmoyant, assez médiocre, vaguement justifié comme destiné à des adolescents qui ne connaîtraient rien de rien, ni des années 70, ni de la seconde guerre mondiale... pour ma part, j'estime que ces derniers méritent mieux que ces passages injustifiés d'une époque à une autre dans un scénario alembiqué !
-"E.O " (Hi-Han)
de Jerzy Skolimowski
avec Tomasz Organek, Sandra Drzymalska, Isabelle Huppert, Lorenzo Zurzolo.
L’histoire d’un âne nommé Baltazar qui commence dans un cirque polonais et se termine dans un abattoir italien. Cette allégorie poignante (en hommage à Bresson) est présentée sous le prisme du regard de la bête, plus humaine que les hommes qu'elle aura croisé...
Cet âne migrant, témoin des maux de notre société, nous renvoie brutalement à nos incohérences. Il ne faut pas rater ce monument de contemplation et de réflexion, aussi beau qu’éprouvant,... de quoi devenir végétarien!
- "R.M.N" (acronyme roumain d'IRM)
de Cristian Mungiu avec Marin Grigore, Judith State.
Où l'on vit une tranche de vie d'un village de Transylvanie secoué par une fronde xénophobe dès l’arrivée de travailleurs srilankais... les dialogues prennent aux tripes. Ils renvoient à ce qui nous secoue présentement partout dans les pays d'Europe avec la montée des idées d'extrême droite.
Un film au scénario maîtrisé, sans concession sur les enjeux actuels européens dans le contexte de mondialisation. On en sort secoué.
- "Mascarade"
de Nicolas Bedos
avec Pierre Niney, Isabelle Adjani, Marine Vacth, François Cluzet, Emmanuelle Devos...
Film qui aurait pu n'être "que" divertissant et drôle, qui sombre dans un final dramatique et énigmatique à propos de la sincérité des sentiments.
Servi par une brochette magnifique d'acteurs qui donnent le meilleur d'eux mêmes, le réalisateur se perd dans un scénario alambiqué après un démarrage aux dialogues drôles et incisifs, voilà qu'on plafonne pour déboucher sur un final où il n'y a plus de niac, le spectateur lui-même piégé dans la mascarade, et surtout, par cette histoire indécise, inaboutie, dont on n'arrive difficilement à qualifier la saveur.
Depuis "Monsieur & Madame Adelman" et "la Belle Époque", Nicolas Bedos qui a beaucoup de talent, se perd dans des caricatures et une complexité narrative (semant ici et là des références cinématographiques et c'est bien dommage (dans Mascarade on aura reconnu : "Assurances sur la mort", "Témoins à charge"...,).
Si le film se laisse voir néanmoins avec plaisir, car comme indiqué plus haut contextuellement attendu, à la réflexion, ce n'est certainement pas le meilleur film du réalisateur, et pas non plus la comédie qui nous fera hurler de rire et de plaisir en cette fin d'automne...
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Sur Netflix en ce moment à ne pas louper la mini série :
"Le cabinet des curiosités" du mexicain Guillermo del Toro.
Suspens & horreur garantis!