Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line
Créer, inventer, jouer, chanter, rigoler, écrire, vite, vite, vite… la prodigieuse liberté de Boris Vian m'épate, m'éblouis. Guillaume Barre (le créateur musical) et Jonathan Perrein (à la mise en scène) ont décidé d'incarner cet artiste fêtard, cet illuminé vivait à 100 à l'heure et ne pouvait pas se permettre de vivre vieux...
Pour la petite histoire... en 1962, Jean-Jacques Pauvert vient d'éditer "Je voudrais pas crever", bien accueilli par la critique. Pauvert appelle Gaston Gallimard pour lui demander s'il veut bien lui céder les droits de "L'Écume des jours", qu'il a publié en 1947. Gallimard accepte. Il demande même à Pauvert, comme un service, de le débarrasser de son stock d'invendus, qu'il lui vend au prix du papier! (Car les œuvres invendues de Vian furent mises au pilon par la maison Gallimard peu visionnaire!)
Or, ce recueil de poésie ("Je voudrais pas crever") de Boris Vian écrit sur la fin de sa courte vie fut publié après sa mort, intervenue en 1959. Et, redisons-le, il est mort comme il a vécu, très vite. À 39 ans.
Présumait-il que brève serait sa vie pour vouloir l'emplir à ras bords?
Doté d'une exceptionnelle vitalité intellectuelle alliée à une fièvre créatrice, ce contestataire inclassable, ingénieur centralien, à la fois écrivain, poète, auteur de chansons paillardes, inventeur, jazzman, homme de théâtre, essaime ses talents multiples dans une fougue débridée, facétieuse et désespérée tout à la fois.
C'est CELA, précisément, qui me touche dans sa poésie et cet ultime recueil déclamé ce soir. La première demie heure, la plus "délicate à négocier" dans cette soirée poético-musicale, nécessite une dose de concentration - qui m'a fait défaut une vingtaine de minutes- puis heureusement, je me suis laissée porter par la musicalité des mots sans chercher à tout comprendre, en laissant régner l'absurde, l'expression des fulgurantes douleurs traversées par la fantaisie et le non-sens m'atteindre. Et si, comme moi vous aimez assez Vian, alors la seconde demie heure vous paraîtra bien plus légère, plus animée. D'autant que le duo de comédiens plus complices dansent, se joutent, déclament ces poésies qui nous sont plus familières, celles si je me souviens bien, que vous reconnaîtrez aisément, du programme scolaire des 3ème... Et que vous avez peut-être relues depuis.
C'était leur seconde prestation et c'est jusqu'au 14 Mai 2024
À l' Essaïon
6 rue Pierre du Lard
75004 Paris
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