Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Jamais la frontière entre Israël et Gaza n'a été calme. Nombre d'événements politiques s'y sont succédés.
En 1956 "la guerre du Sinaï" ce fut sur fond d'un enjeu politique majeure, celui du Canal de Suez... Israël retirée, arrive "la guerre des six jours"en 1967. Entre ces dates et après"les infiltrations" (ou tentatives) n'ont jamais cessé. Les accords avec Nasser, puis ceux d'Oslo, ouvrent ensuite de nouveaux espoirs malgré nombre d'attentats qui se poursuivent jusqu'à ce que, Ariel Sharon décide du retrait total de Gaza. Et ce fut Par la force, que les juifs Israéliens installés sur ce bout de territoire furent déplacés par Tsahal. Depuis sous l'autorité palestinienne, le peuple palestinien lors de son premier vote a choisi le Hamas. C'est son histoire. Celle que lui aussi doit regarder en face et assumer.
Avec le décès d'Arafat, de Rabin les accords de paix potentiels fondent. S'évanouit alors tout espoir de paix.
Les palestiniens commencent à recevoir des aides massives des européens... et commencent à les investir immédiatement non pas dans l'éducation, la santé, le logement mais détournent la majorité de cette mane financière pour l'éradication d'Israël qui demeure leur objectif premier... avec la construction de milliers de kilomètres de tunnels souterrains. Aujourd'hui, encore malgré ces deux ans de guerre, Tsahal indique que 62% de ceux-ci sont actifs. Qu'ils sont systématiquement placés avec des entrées et sorties sous les bâtiments publics civiles essentiellement : écoles, hôpitaux, associations humanitaires, Mairies, et même mosquées.
Comment frontière est-elle signalée ? Par plusieurs rangs de barbelés, trois rangées à minima. Des caméras balisent le parcours de façon à ce que chaque cm2 soit observé potentiellement.
Et, depuis 2005 Israël met en place une surveillance de la frontière renforcée avec des moyens électroniques hypers sophistiqués.
Tout le monde a entendu parler des jeunes femmes soldates surveillantes de cette frontière... un oiseau qui vole n'aurait pu leur échapper!
Les malheureuses d'une moyenne d'âge de 19 ans, ont alerté plusieurs semaines durant leurs supérieurs à propos des activités suspectes, des déplacements incongrus, de fébrilité nouvelle...
Il leur a été demandé de "cesser d'importuner la hiérarchie avec leurs bêtises"!
Personne n'a fait cas de leurs rapports, de leurs alertes multiples sur une année !
Quant à la nuit, veille du 7 Octobre, où des centaines de cartes SIM (téléphoniques) ont été activées en même temps, bien que ce fut constaté, cette bizarrerie enregistrée, AUCUNE alerte n'a été donnée, AUCUN contrôle activé par la surveillance...
Même le général -en vacances à Eilat- alerté par téléphone au petit matin du 7/10/23 agacé d'être réveillé est juste retourné dormir pour découvrir quelques heures plus tard la cruelle réalité, l'étendue du champs du désastre.
Il n'a jugé bon de démissionner qu'une annee et demie plus tard!
Ce champ laissé libre aux attaquants du Hamas, n'est toujours pas expliqué aujourd'hui.
Y a-t-il eu des complicités au plus haut niveau - destinées par exemple à faire tomber le gouvernement Natanyou "indéboulonnable" ? Qui seraient les conspirateurs? Des Israéliens manipulés ou des forces de pays étrangers qui avaient intérêt à voir ce gouvernement tomber? (les USA?)
Les hypothèses nombreuses, plus dingues les unes des autres, les interrogations peuvent vite nous faire basculer dans le champs complotiste.
Il n'en reste pas moins intrigants, d'autres faits, non expliqués :
Les attaquants savaient exactement où viser pour mettre hors d'état chaque caméra - et aucune n'a déclenché d'alarme! Les rangs de barbelés sciés tout au long de la frontière n'ont déclenché aucune réaction. Les milliers d'assaillants ont traversé aussi tranquillement que possible cette frontière !
Les habitants des kibboutz frontaliers qui ont vu arriver courant à travers champs les assaillants n'ont pas compris...
Certains se sont fait surprendre et tuer juste en sortant de chez eux pour aller à la réserve d'armes, prendre de quoi de défendre. Car personne ne disposait l'autorisation du port d'arme liée à un temps de guerre. Placées sous clefs à la réserve centrale, elles n'étaient pas vraiment aisément accessibles! Et puis, les assaillants étaient plus que renseignés ; eux savaient dans chaque Kibboutz attaqué où était situé chaque réservé d'armes, et c'est le premier endroit qu'ils tentaient de mettre hors jeu, assassinant chacune, chacun, sur leur chemin.
Comme 50 ans plus tôt en 1973 ( la guerre du Kippour), bien que les leçons aient été tirées, la surprise des Israéliens fut à nouveau totale. Cette arrogance et ces certitudes ont eu à nouveau un coût humain effroyable.
Depuis la seconde guerre mondiale, sur la terre d'Israël donnée par décision de l'ONU, le plus massif des Pogroms s'est tenu. Inimaginable!
S'il n'y avait pas eu cette fête Nova qui stoppe l'élan du Hamas, de plus nombreux civiles, habitants les villes du Sud d'Israël auraient essuyé ces assassinats de masse car encore moins organisés au plan de leur défense.
Dans ces kibboutz frontaliers l'accueil de Palestiniens chaque jour était de mise. Travailleurs frontaliers, ils franchissaient légalement quotidiennement cette frontière en habitues... Car tous ces Kibbutz, avaient non seulement leurs travailleurs permanents -LES MEMES - depuis plus de dix ans, mais des liens étroits tissés. Les militants de la paix de ces kibbutz prenaient soin de leurs travailleurs et d'ailleurs aujourd'hui encore, malgré le fait qu'ils aient été trahis continuent de croire en cette seule solution d'avenir : vivre en paix, les deux peuples.
Tout le monde sait que ces habitants prenaient RV dans les hôpitaux pour faire soigner les palestiniens et leurs familles dès que nécessaire. Qu'ils les accompagnaient dans leurs multiples démarches administratives, prenaient les rendez-vous médicaux, traduisaient, les véhiculaient.
Quel choc ce fut pour eux d'apprendre que tous les détails de leurs vie, de leur identité, avaient été renseignés, consignés par le Hamas :
plan des habitats, nombre d'occupants adultes/enfants, noms & prenoms, âges, handicaps, fonctions, responsabilités exercées, surtout si dans l'armée...
Or ces habitants installés volontairement dans ces villages et kibbutz en véritables militants de la paix, vrais activistes de gauche, amis des palestiniens n'ont jamais imaginé ne pas faire confiance à ces liens tissés, à cette aspiration de paix qu'ils pensaient partagée.
Ceux-là même, qui jamais depuis le 7 octobre n'ont passé un seul appel indiquant qu'ils se souciaient de ce qu'ils était advenu d'eux, eux qui avaient en toutes circonstances choisi d'être à leurs côtés.
Est-ce que ce n'est pas douloureux à ce stade de se dire qu'on ne peut distinguer un Palestinien de Gaza, d'un militant du Hamas?
Les Palestiniens assaillants du Hamas savaient tout des lieux, tout ce qui pouvait être utilisé contre eux pour ce pogrom, ces massacres et ont renseigné et laissé faire.
Cette frontière, le 7 octobre 2023, a été envahie par des motos, des pick-up Toyota, des drônes, des parachutés, des hommes à pied, à vélo, en tracteurs, sans que personne ne les arrête.
Une réalité qui reste avec toute ses zones d'ombres.
Certains abris fermés à clefs n'ont pu sauver les habitants de SDEROT et d'ailleurs surpris en de jour de fête de Simha Tora.
Une enquête d'État est toujours demandée afin d'éclairer la chaîne de responsabilités.
Pour le moment, seuls des rapports ponctuels partiels de Tsahal ont été réalisés, rendus publics.
Cela ne satisfait absolument pas la société civile israélienne qui dénonce cette absence avec virulence.
Tout cela, je le répète laisse libre court à nombre d'hypothèses complotistes... au refus de voir en face ces vérités douloureuses, engager des réformes institutionnelles en profondeur et en toute transparence démocratique.
J'ai vu l'emplacement du commissariat de SDEROT qui a été explosé par un tank israélien suite à un ordre du commandement (voir le mur peint en photo).
Celui-ci, une fois assuré qu'aucun Israélien n'était à l'intérieur, a choisi de le sacrifier empli de terroristes palestiniens.
À l'emplacement furent édifiées une séries de colonnes-sculptures symbolisant ce commissariat (voir photos ) avec des bribes de paroles gravées dessus. Il s'agit de chants ayant traits à cette tragédie du 7/10/23.
Souvenez-vous de cette enfant de six ans qui avait protégé sa petite sœur bébé dans une voiture après que ses parents à l'avant du véhicule aient été abattus sous ses yeux. Un palestinien avait tenté de la faire sortir du véhicule, il fut abattu toujours devant ses yeux, alors qu'elle avait verrouillé sa porte caché sa sœur quasiment sous elle. Aux civils qui l'ont approchée elle a demandé : "êtes vous d'Israël ?"
Lorsqu'ils lui ont répondu qu'ils venaient en effet la secourir, elle a ajouté, " car il y a ici un bébé juste sous moi, nos parents sont morts. "
Lors de cette seconde visite sur le terrain Nova j'ai observé de nombreuses évolutions. Au Kibboutz Maguen (2km de Gaza à vol d'oiseau), nous avons de nouveau rendu visite à mes cousins qui ont raconté à mon ami 'leur journée du 7 octobre". Un jour aux détails que l'on oublie pas.
Exactement comme ce que l'on faisait au moment précis du 11 septembre où les tours jumelles du World Trade Center sont tombées.
Au Kibboutz Beéri où commencent à revenir les habitants, nous n'avons pas voulu prendre rendez-vous pour visiter bien que nous avions la possibilité de le faire. il nous a semblé plus important de passer à côté, de voir à travers le grillage les maisons qui se n'y visibles en bordure de grillage dans déranger... Être soumis à d'incessantes visites nous paraît cruel au moment d'une reconstruction. D'autres ont des raisons plus fondamentales de le faire que nous autres les touristes de passage... Les laisser tranquille est aussi une bonne posture, respectueuse.
Nous avons conclu cette journée si particulière par une participation bénévole à l'accueil des soldats qui reviennent ou partent pour Gaza, qui n'ont pas assez de temps de permission pour rentrer chez eux...
Cette "Station Ami-Haï " où ils se posent, leur permet gracieusement de se restaurer, de laver leur linge, de le sécher, de prendre une douche, de lire ou faire une pause musicale, de bavarder.. avec un accueil chaleureux, une nourriture varier de qualité.
Il s'agit d'une initiative privée, financée exclusivement par des dons, créé par mes cousins réservistes. Si l'initiative solidaire est à 80% familiale, de nombreux bénévoles viennent prêter main forte juste pour la cause et l'ambiance. Ils sont un peu plus d'une centaine depuis plus de deux ans maintenant.
L'un de mes cousins fondateur et sa femme viennent seulement de reprendre leur activité professionnelle. Depuis deux ans au lieu de s'offrir comme d'autres l'auraient fait un tour du monde et du bon temps avec leurs enfants, ils ont choisi de vivre cette aventure solidaire à fond, au service de ceux qui défendent les frontières, sacrifient leurs vies.
Leur sérieux et professionnalisme à mobiliser les structures alimentaires à permis de les inscrire dans des réseaux d'initiatives solidaires particulièrement nombreux et puissants en Israël.
Ami-Haï c'est aussi le nom de mon jeune cousin décédé d'un cancer durant la COVID. Une façon pour nous de faire vivre sa mémoire, son esprit généreux et Pacifique.