Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line
Maurice Utrillo naquit à Paris en 1883, ce qui explique déjà beaucoup de choses. Il arriva au monde avec une mère célèbre, Suzanne Valadon, peintre talentueuse, modèle adorée de Renoir, Degas et Toulouse-Lautrec, et femme au caractère suffisamment trempé pour faire fondre les pavés de Montmartre. Son père, officiellement « inconnu », fut longtemps un mystère artistique à lui tout seul, avant qu’un certain Miguel Utrillo, critique d’art espagnol, n’accepte de lui prêter son nom. Autant dire que Maurice hérita d’un arbre généalogique aussi bohème que flou.
Il grandit donc entre une mère qui peignait, un père qui écrivait sur l’art, et des amis de la famille qui passaient plus de temps à refaire le monde qu’à le ranger. Très tôt, Maurice montra un talent certain… surtout pour l’alcool. Devant l’ampleur du problème, Suzanne Valadon eut une idée géniale : " Et si on lui faisait peindre des tableaux plutôt que vider des bouteilles ?" Spoiler : il fit les deux, mais devint célèbre grâce au premier.
Utrillo se spécialisa dans les rues de Paris, en particulier Montmartre, son terrain de jeu, de chute et d’inspiration. Il peignait des façades blanchâtres, des rues vides et des églises solitaires, sans doute parce que la foule lui donnait mal à la tête. Ses tableaux font penser à un Paris magnifique, silencieux, un peu déprimé, comme un lundi matin éternel.
Sa vie fut un savant mélange d’internements, de rechutes, de mariages improbables et de tentatives de rédemption, le tout sous l’œil vigilant (et parfois exaspéré) de sa mère, qui géra sa carrière comme on gère une œuvre fragile : avec amour, patience et beaucoup de nerfs. Malgré ce joyeux chaos, Utrillo finit par être reconnu, décoré, et même vaguement apaisé — ce qui est presque un scandale pour un artiste maudit.
Il mourut en 1955, laissant derrière lui des milliers de tableaux, une légende solidement imbibée, et la preuve qu’avec une mère artiste, un père critique et un Montmartre bien fréquenté, on peut transformer une vie bancale en chef-d’œuvre.
Maurice Utrillo a peint la rue Muller, cette célèbre pente de Montmartre qui a l’air de monter encore plus quand on ne va pas très droit, une rue qui semblait avoir elle aussi passé une mauvaise nuit, en plein spleen.
Grâce à cet artiste, la rue Muller est entrée dans l’Histoire de l’art, prouvant qu’une simple rue en pente peut devenir célèbre, à condition d’être peinte par un génie un peu tourmenté… et très fidèle à Montmartre.
Actuellement au Musée de l'orangerie
De nombreux tableaux d'Utrillo sont accrochés pour le plus grand plaisir des amateurs.
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