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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.

Une parole nécessaire, plus que jamais : " Si c'est un homme"

Une parole nécessaire, plus que jamais : " Si c'est un homme"
Une parole nécessaire, plus que jamais : " Si c'est un homme"
Une parole nécessaire, plus que jamais : " Si c'est un homme"
Une parole nécessaire, plus que jamais : " Si c'est un homme"
Une parole nécessaire, plus que jamais : " Si c'est un homme"
Une parole nécessaire, plus que jamais : " Si c'est un homme"
Une parole nécessaire, plus que jamais : " Si c'est un homme"

Adapter "Si c’est un homme" de Primo Levi pour la scène n’est pas un geste anodin. En confiant ce texte fondateur à une forme de lecture dramatique sobre, portée par Gilbert Ponté solo, ce spectacle s’inscrit résolument dans une démarche de transmission. Un choix pertinent à l’heure où les témoins directs de la Shoah disparaissent progressivement, où la question n’est plus seulement de savoir comment raconter, mais comment continuer à faire entendre.

Et nous avons étés happés par la précision de la parole de Primo Levi, rigoureuse, analytique, dénuée de pathos que le comédien relaie sans chercher à incarner Levi ni à rejouer la souffrance : il se fait passeur.

Cette distance assumée redonne au texte sa dimension première : celle d’un témoignage adressé à la conscience collective.

Pour cette première, nous n'étions qu'une vingtaine... il fallait braver le vent glacé, la neige. Cette lecture dramatique agit comme un temps d'arrêt et mérite de rencontrer un large public dans les séances à venir. Surtout face à la résurgence des discours de haine, la banalisation de la violence, la circulation rapide d’informations trop souvent décontextualisées. On écoute. On entend ce que signifie, concrètement, la déshumanisation systématique : la faim, le froid, la perte du nom, l’effritement de la dignité.
Quant à la sobriété du dispositif scénique, loin d'être un manque, il est une nécessité. La petite salle voûtée du théâtre avec ses pierres apparentes suffit. Outre qu'en refusant tout effet spectaculaire, ce spectacle rappelle que l’horreur n’a pas besoin d’être montrée pour être compris, elle se loge dans la précision des mots, dans leur implacable clarté. Cette retenue évite toute esthétisation du drame et rejoint l’éthique de Primo Levi lui-même qui écrivait pour comprendre et faire comprendre, non pour émouvoir à tout prix. 
L’universalité du propos de "Si c’est un homme" au delà du passé interroge aussi notre présent : qu’est-ce qui fait de nous des êtres humains ? À partir de quel moment individuellement ou collectivement, cessons-nous de l’être ? 

Ces questions jamais formulées explicitement durant la représentation étaient forcément en nos têtes nous invitant à une réflexion intime et politique à la fois.
Et puis, cette lecture dramatique rappelle que la mémoire n’est pas un acquis mais un exercice constant, et que le théâtre dans sa forme la plus dépouillée, demeure un lieu essentiel pour faire vivre cette exigence, celle de la vigilance. 

C'est à L'Essaïon, 6 rue Pierre au Lard, 75004

Jusqu'au 1er Avril 2026

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