Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line
La Revue K. sur scène ne livre pas des réponses : elle distribue des outils. À chacun ensuite de bricoler sa pensée, loin du prêt-à-penser et des certitudes en kit.
Ce jeudi 5 février 2026, au Théâtre de la Concorde, la Revue K. a proposé une rencontre culturelle à facettes multiples en tentant transformer la pensée en expérience vivante : pas un débat figé, pas un cours magistral, mais une soirée où circule, respire, s’invite l’humour et la complexité.
Sur scène, paroles croisées, musique au piano, dessins en direct de Joann Sfar et une succession de voix (Agnès Jaoui, Michèle Fitoussi, Belinda Cannone, Lauriane Mouysset…) qui parlent depuis un endroit singulier, jamais depuis une tribune, et où parfois, faute de comprendre le propos, je l'avoue, je me suis accrochée avec bonheur à la malice du dessinateur à ses traits rapides, ses raccourcis, ses bulles parfois implacables, comme autant de pirouettes salvatrices.
Car l'ambition derrière cette apparente légèreté de mise en scène c’est un dispositif au service de sujets lourds qui était à l'œuvre : identité, Europe, mémoire, aveuglements contemporains, survolés avec plus ou moins de bonheur, parfois même une certaine frustration ( voulue? Un renvoi à la lecture de K. ? )
Les intermèdes musicaux de Denis Cuniot sans détourner, ont contribuer à ponctuer et alléger les interventions et permettre la re concentration car, les interventions loin d'êtres parfaitement lisse - tant mieux - donnent un sentiment d’inachevé. Serait-ce un format délibéré proposé par K. sur scène, qui préfère le vivant au parfaitement maîtrisé, la conversation au consensus ? C'est déjà une question que je m'étais posée lors de la précédente rencontre en 2025.
Ce qui est certain c'est qu'en sortant de cette soirée, personne n’a reçu un mode d’emploi. J'en conclue que c’est précisément là la réussite de la soirée : chacun repart avec ce qu’il est venu chercher, ce qui l’a déplacé, dérangé ou rassuré.
Selon ses lectures, son histoire, ses angles morts, chacun aura fait son marché — une idée ici, une image là, une question en suspens qui restera à creuser...
À l’heure où le débat public se crispe, se simplifie ou s’éructe, proposer un espace où l’on pense sans hurler et où l’on n’est pas sommé de conclure relève presque de l’acte politique.
K. ne dit pas quoi penser. Elle crée les conditions pour que penser redevienne désirable.
Je suis sorti du Théâtre de la Concorde sans conclusions nettes, et c’est exactement ce que j’étais venu chercher.
Pas un discours à adopter, pas une ligne à répéter, mais des fragments à assembler moi-même. Une phrase entendue ici, un dessin de Sfar là, une dissonance qui persiste.
Cette soirée m’a rappelé que penser n’est pas choisir un camp, mais accepter de rester en mouvement. Et qu’en ce sens, l’inconfort peut être une forme de luxe démocratique.
Et puis, je suis encore plus convaincue que K. m'offre aujourd'hui un espace large de réflexion au niveau européen qui jusques là demeurait en vacance.
Un enjeu de taille.
C'était une soirée organisée par la Revue K.
Où le public était gracieusement invité sur inscription préalable par mail, ( pot à l'issue de la rencontre),
Au théâtre de la Concorde
1 Av. Gabriel, 75008 Paris.
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