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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.

Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers

Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers
Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers
Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers
Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers
Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers
Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers
Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers
Les frottements du cœur, un bel hommage aux professionnels hospitaliers

Il est des spectacles qui bouleversent sans prévenir. Les frottements du cœur est de ceux-là. Je m’attendais à être touchée, je ne m’attendais pas à être traversée de part en part. Très vite, quelque chose s’est serré en moi : cette émotion brute, qui naît quand on parle de la vie là où elle est la plus fragile.
Voilà une grippe banale qui dérape, se transforme en maladie brutale où le pronostic vital engagé confronte l'intéressée à l'éventualité de sa mort, à 29 ans. Un âge où l'on se croit invincible, voire immortel.

De cette expérience autobiographique Katia Ganthy en a fait le récit dans un livre. Puis, la comédienne qu'elle est en a extrait ce spectacle délicat, pudique, qui nous livre l’amour du métier qui émane du personnel hospitalier autant que sa lutte pour survivre aux épreuves successives de son cœur défaillant, à la machine qui l'a sauvée, aux initiatives d'accompagnement chargées en tendresse qui lui ont permis de trouver la force de résister, au moment de bascule où la mort rôdait, et qu'elle était à bout de souffle.

On est pénétré part l'engagement immense de ces équipes hospitalières, leur tenace humanité, alors que tout autour du patient vacille. On sent à quel point soigner n’est pas qu’un travail, mais un lien, un don, souvent un combat silencieux mené jour après jour, dans un espoir ténu. 

Oui, j'ai été émue par cette tendresse pour les soignants, par cette reconnaissance jamais appuyée mais tellement juste, surtout face à ce qui est décrit comme la pire des expériences hospitalières, celle de la réanimation. Terrible. Sidérante. Cette zone hors du temps où le corps est là, mais l’esprit flotte, lutte, s’accroche, où les mots demeurent des pensées qui ne franchissent jamais le seuil de la bouche du patient, qui entend, comprend, mais reste spectateur de sa vie qui s'effiloche.

Le spectacle raconte cela sans pathos, et c’est précisément ce qui m’a bouleversée. On ressent la peur, la confusion, la dépossession. Et quand on en ressort vivant, ce n’est pas la fin de l’histoire — c’est parfois le début d’une autre épreuve.
La dépression qui suit, le retour à une vie “normale” qui ne l’est plus vraiment, cette nécessité de reprendre sa vie en main alors qu’on ne se reconnaît plus… Tout cela m’a frappée par sa justesse. J’ai senti combien survivre ne suffit pas toujours, combien il faut réapprendre à habiter son corps, son cœur, son quotidien. Les frottements du cœur parle de cette reconstruction-là, fragile, hésitante, mais profondément humaine.
Je suis sortie du théâtre émue, reconnaissante, un peu remuée aussi. Avec l’impression qu’on m’avait confié quelque chose de précieux.

Ce spectacle est un bel hommage à  la vie, qui ne crie pas sa reconnaissance, qui la murmure en sous texte tout du long, et je sais déjà que longtemps encore je me souviendrais de ces frottements du cœur.

Jusqu'au 14 Mars 2026 ( les lundis et samedis)

Au théâtre des Gémeaux Parisien

15 Rue du Retrait 

75020 Paris 

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