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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.

"Goodbye Lindita" de Mario Banushi ou le mortel ennui!

"Goodbye Lindita" de Mario Banushi  ou le mortel ennui!
"Goodbye Lindita" de Mario Banushi  ou le mortel ennui!
"Goodbye Lindita" de Mario Banushi  ou le mortel ennui!
"Goodbye Lindita" de Mario Banushi  ou le mortel ennui!
"Goodbye Lindita" de Mario Banushi  ou le mortel ennui!
"Goodbye Lindita" de Mario Banushi  ou le mortel ennui!
"Goodbye Lindita" de Mario Banushi  ou le mortel ennui!
"Goodbye Lindita" de Mario Banushi  ou le mortel ennui!

Autant le dire, ce très jeune metteur en scène albanais de 26 ans m'a mortellement ennuyée. Et pourtant, il y met du cœur — ou du moins, il y met des corps. Beaucoup de corps. Dévêtus, rhabillés de silence, puis redévêtus pour être bien sûr que l’on a compris : ici, on met à nu. Au propre, d’abord, avec une insistance presque pédagogique, comme si le textile était l’ennemi juré de la profondeur. Au figuré ensuite — du moins en théorie — car à force de vouloir tout révéler, il ne reste plus grand-chose à découvrir.

Le spectacle se rêve en rituel, il n’est qu’étirement. Les images se succèdent avec la solennité d’un diaporama existentiel un peu trop fier de ses fondus au noir. On contemple, certes — mais comme on contemple un plafond un dimanche après-midi : avec une légère inquiétude quant au temps qui passe. La mort, la vie, l’absence, la présence... autant de thèmes brandis comme des évidences, mais jamais réellement incarnés. On flotte dans une sorte de bain tiède de symboles, où chaque geste semble chargé de sens, sans jamais en produire.
Heureusement, on s’accroche, arc-bouté à une pensée salvatrice : la pièce ne dure qu’une heure. Une heure. Soixante minutes. Une éternité, certes, mais bornée — et c’est déjà beaucoup.

Revenons au bain rituel - le vrai, sur scène- où 4 femmes, un homme avec solennité humide baignent la morte, puis brusquement s'excitent, la tripotent avec une insistance troublante qui oscille surtout entre le gênant et le franchement malsain. Là encore, la mise à nu — toujours — mais sans la moindre once de nécessité dramaturgique pour justifier l’embarras.

Et puis il y a les meubles. Ah, les meubles ! Déplacés avec gravité, réarrangés comme les pièces d’un puzzle métaphysique… avant d’être purement et simplement évacués, comme une mauvaise idée qu’on préfère oublier. Une métaphore, sans doute. Ou un déménagement.

Et puis il y a cette lenteur appliquée, en première partie comme si ralentir suffisait à approfondir. Mais à trop étirer le vide, on finit par lui donner une consistance qu’il ne mérite pas. Le silence n’est pas toujours d’or : ici, il sonne comme une panne d’inspiration.
En seconde partie, ce vide abyssal se comble. S'installe un fond sonore très sonore (concept audacieux), saturé de nappes angoissantes et de tirs d’armes multiples qu’on ne voit jamais. On sursaute, non par émotion, mais par réflexe pavlovien — comme si la mise en scène, consciente de son propre néant, tentait de réveiller le spectateur à coups de déflagrations hors champ. La fumée, elle, envahit la scène avec une générosité suspecte... cherche-t-elle à masquer ce que le propos ne parvient pas à remplir?

À force de vouloir provoquer, déranger, signifier, la pièce finit par ne plus rien dire du tout. Elle expose, elle agite, elle enfume — au sens propre comme au figuré — mais ne raconte rien, sinon son propre vide. 

Une expérience, certes. Mais dont on ressort surtout soulagé qu’elle ait une fin. Les applaudissements sont tièdes polis, peu nourris. 

Dans la salle archi comble, beaucoup beaucoup de jeunes de moins de trente ans. En sortant, ils parlent surtout de l'âge de Mario Banushi qui a eut la chance d'habiter cette scène prestigieuse aussi jeune. 

Pour notre part, nous renonçons au second spectacle programmé du jeune prodige.Dans cette histoire sans paroles à ce stade, l’absence devient presque une signature esthétique : absence de texte, absence d’idée, absence de nécessité.

 

C'était aux Ateliers Berthier-Théâtre de l'Europe 

Le 31 Mars 2026. 

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