Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line
Privation de liberté : le théâtre nous renvoie à nos prisons modernes...
Sur scène, Céline Caussimon ne joue pas la prison : elle la fait résonner. À travers son expérience d’ateliers d’écriture menés auprès de détenus, la pièce ouvre une brèche dans l’univers carcéral et donne voix à ceux qu’on n’entend presque jamais. Entre récits intimes, fragments de vies suspendues et regards posés sur les œuvres de Van Gogh, Picasso ou Hopper, le spectacle touche juste, sans pathos ni démonstration.
Ce qui frappe surtout, c’est l’écho troublant avec la pensée de Michel Foucault. ( Oui, je l'ai lu il y a bien longtemps!). Dans Surveiller et punir, le philosophe analysait déjà la prison comme un outil de contrôle autant que de punition. Quarante ans plus tard, la question demeure entière : a-t-on réellement avancé ?
Les murs ont changé, le vocabulaire aussi. On parle désormais de réinsertion, d’accompagnement, de dignité. Pourtant, derrière les portes closes, la surpopulation carcérale, l’isolement et la déshumanisation continuent d’alimenter le débat. Cette pièce ne prétend pas apporter de réponse, mais elle rappelle une évidence : priver quelqu’un de liberté ne devrait jamais signifier lui retirer son humanité.
C’est là toute la force du spectacle : observation, écoute, transmission sans aucun jugement.
En quittant la salle, une question persiste longtemps : la prison punit-elle encore des actes… ou finit-elle par enfermer des êtres humains dans une identité dont ils ne peuvent plus sortir ?
Jusqu'au 2 Juin 2026
Au Théâtre Essaïon
6 Rue Pierre-au-Lard
75004 Paris
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