Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line & Jean-Luc
Ce jour là, il a fallu quitter les artères principales de Vanarassi, nous enfoncer dans le dédalle de ruelles étroites, mais fraîches du Chowk (marché) pour arriver a proximité des Ghats, là où se trouve notre hôtel. A Mir Ghat.
Les personnes vêtues comme moi d'un Salwar Kameez (tenue traditionnelle : tunique et pantalon ample, qu'adoptent ici les modernes et les occidentales soucieuses de voyager confortablement tout en se fondant dans la masse) relèvent leur Patta (longue écharpe dont le tissu assorti à la tenue donne la touche finale d'élégance en flottant dans le dos et dont l'usage veut qu'elle masque "le balcon" des femmes et leurs épaules... ) jusqu'aux yeux afin de continuer à négocier leur route au travers des immondices les plus divers, des bols tendus et des motos tonitruantes, des vélos nombreux, mais aussi des chiens dormants en plein milieu de ruelle, des vaches qui se courses, des buffles massifs qui dorment et bloquent le passage... et tout cela sans suffoquer, sans se laisser surprendre.
A l'hôtel. la jolie cour intérieure abritée d'une tonnelle apparaît comme un havre de paix. Un cocon dans lequel les étrangers (seuls à fréquenter le lieu) se refugient entre eux pour se poser, se raconter, établir de nouveaux contacts et échanger leurs bonnes adresses et autres bons plans. A la différence des hôtels accueillant des !ndiens on peut s'y restaurer quasiment à toute heure et même commander quelques succédanés de plats occidentaux.
Nous découvrons la terrasse panoramique. Une vue époustouflante en surplomb du Gange. Il est 16h. La lumière est superbe. Sur la rive, au loin, un désert de sable qui va jusqu'à la ligne d'horizon dessinée par de la végétation. Sur cette plage quasi lunaire, quelques tentes et des brindilles - des hommes et des femmes ? - qui se déplacent plus ou moins lentement, soit vers la rive du Gange, soit vers la végétation - le village ou la forêt ? - sans doute...
Chaque jour, durant huit jours j'ai regardé la lumière modifier ce paysage
Je pense à Caravage. Un vrai coup de coeur.
La mort du balcon (suite demain...)
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