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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.

La mort du balcon

La plupart du temps la brume adoucit en profondeur ce rivage là, alors que sur l'autre rive, dans l'eau grise du Gange se reflètent les palais délabrès, abandonnés, les hôtels et Guest houses innombrables ; gaht après gaht, les escaliers grouillent de pélerins et de marchands ambulants. Les cloches d'un temple tintinabulent alors qu'un air de flûte !ndienne semble percer le ciel plombé ou se noie un frêle rayon jaune soleil. Les perruches très branchées -et nombreuses en ce pays- choisissent pour perchoir les fils électriques, d'où elles captent une vue dégagée sur les chalands en prise aux bateliers qui arranguent les touristes qu'ils soient !ndiens ou occidentaux...

En pieds d'immeubles le passage de bateaux à moteurs qui pétaradent couvre momentanément les éclats de voix des enfants qui jouent dans l'eau, tout comme le bruit des savattes trainées sur le sol par les promeneurs ou leur raclement de gorge, le plus souvent suivi d'un crachat. 

Tout à coup, là devant... de toutes les terrasses, de tous les balcons l'attention se fige sur cette énorme baudruche flottante.

Ici on n'aide pas un animal sacré qui dérape. Le voilà qui se noie dans l'eau du Gange. Question de destin.

Des cerfs volants virevoltent et apportent quelques touches de couleurs dans le ciel. Une famille accompagnée d'un Saddou arrive et s'installe en bord de Gange avec son mort, drapé d'un sari rouge et or, de ceux que l'on voit flotter sur l'eau de temps à autre avec une guirlande de fleurs accrochée parfois à un sac plastique garni des os qui n'ont pu brûler faute d'avoir assez d'argent pour se payer la quantité de bois nécessaire à la durée totale de l'incinération...

Les balcons de désemplissent pas de curieux qui, comme nous, observent ici leur première cérèmonie. La distance rassure.

Un adolescent à côté de nous, nous pousse.Le voilà qui cadre entre ses doigts la scène, court chercher son appareil photo. Clic-clac ; il retourne s'assoir siroter son Lassi.

La mort, un cliché? Oui. Peut-être que cela n'est que celà, après tout.

C'était notre carte postale d'arrivée à Vanarassi.  

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J
Excuse l'expression mais je trouve ton récit très... vivant ! On a tout : la vue, le bruit, les sensations, très bel article !<br /> Cyberbises. J.
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