Très branchée sur le cinéma Israëlien, j'avoue mon inculture à propos de la littérature
contemporaine. L'une de mes collègues, a décidé de me secouer gentiment et m'a d'abord offert un CD "12 lettres d'Israël" Lues par Daniel Mesguich et Stéphane Freiss (dont j'avais lu la bio
renversante d'humour voilà 10 ans)... où Etgar Karet a retenu mon attention... Du coup, elle a persisté, et m'a offert "Crise d'asthme" et j'ai poursuivi avec "Pipeline" La colle folle...
Aujourd'hui, je vous fais partager le conseil de lecture de l'amie d''enfance canadienne, Evelyne, l'amoureuse des chats...qui au cours d'une semaine culturelle montréalaise, avait découvert ce
bouquin qu'elle recommandait et que j'ai offert à ma mère... un titre pareil est à hurler de rire, pourtant je n'ai retenu que la veine de l'entrée en matière de ce livre !
Résumé : "La lamentation du prépuce" de Shalom Auslander
Écouter un extrait lu par un Alix Poisson, de la compagnie Eulalie
(fichier MP3)
Iconoclastes, hilarants et incroyablement touchants, les mémoires d'un jeune juif du New
Jersey élevé dans la plus stricte tradition orthodoxe. Entre Chaïm Potok, Woody Allen et Philip Roth, un régal de drôlerie et d'émotion, un vrai morceau de bravoure contre tous les fondamentalismes
religieux.
Quand il était petit, le jeune Shalom croyait aveuglément la parole des adultes : s'il allumait la télé pendant Shabbat, Dieu ferait perdre les Rangers, et tous ceux qui mangeaient du porc
périraient dans d'atroces souffrances.
Et puis, Shalom a commencé à douter. De son père qui se saoule au vin casher et fait du Shabbat un véritable enfer. De sa mère qui le force à porter une kippa à la piscine. Et de Dieu Lui-même qui,
télé ou pas, s'obstine à faire perdre les Rangers.
Alors Shalom s'est rebellé. Il a mangé des hot-dogs, lu en cachette les magazines cochons de son père, convoité de plantureuses shiksées blondes, et attendu, tremblant, l'inéluctable châtiment
divin...
Aujourd'hui, son épouse, Orli, attend un bébé. Partagé entre son désir d'émancipation et son besoin de racines, Shalom est confronté à une agonisante question : quel sort doit-il réserver au
prépuce de son enfant ?
Traduit de l'américain par Bernard Cohen.
«Navigant entre ses névroses de futur papa et ses névroses d'enfant, Shalom Auslander, dans la lignée de Philip Roth, déplore, dans des tirades comiques acérées et angoissées, sa maison
asphyxiante, sa famille d'excentriques et la tentation de tout ce qui n'est pas casher, depuis les shiksas - les femmes goys -jusqu'au saucisson. L'ironie de son prénom, Shalom ("paix" en hébreu),
ne passe pas inaperçue, lui dont l'âme tourmentée est étranglée par la peur face à un père alcoolique et injurieux, s'imaginant Dieu comme une présence menaçante et railleuse, inéluctable.»
Publishers Weekly
Shalom Auslander est né à Monsey, dans l'État de New York, dans une famille juive orthodoxe. Nominé pour le prix Koret, il a publié des articles dans Esquire et The New Yorker. La Lamentation du
prépuce est son premier livre. Il est également l'auteur d'un recueil de nouvelles à paraître chez Belfond en 2009. Shalom Auslander vit à New York avec sa femme et leur fils.
Extrait du livre :
"Quand j'étais petit, mes parents et mes maîtres me parlaient d'un homme qui était très fort. Ils disaient qu'il était capable de détruire le monde entier. Ils disaient qu'il pouvait soulever les
montagnes. Ils disaient qu'il pouvait ouvrir la mer en deux. Il était très important de ne pas le contrarier. Lorsque nous obéissions à ce qu'il avait édicté, cet homme nous aimait bien. Il nous
aimait tellement qu'il tuait tous ceux qui ne nous aimaient pas. Mais si nous n'obéissions pas, alors il ne nous aimait pas. Il nous détestait. Parfois, il nous haïssait tellement qu'il nous tuait
; parfois, il laissait d'autres gens nous tuer. C'est ce que nous appelons les jours de fête : à Pourim, nous nous souvenons de la fois où les Perses ont essayé de nous tuer ; à Pessah, nous nous
souvenons de la fois où les Égyptiens ont essayé de nous tuer ; à Hanoukka, nous nous souvenons de la fois où les Grecs ont essayé de nous tuer.
«Béni soit-Il», disions-nous dans nos prières.
Aussi terribles que pouvaient être ces punitions elles n'étaient rien à côté de celles que cet homme pouvait nous infliger lui-même. Et allons-y avec la famine, et allons-y avec les déluges, et
allons-y avec la fureur vengeresse. Hitler avait pu exterminer les juifs mais cet homme, lui, avait noyé la planète. Nous avions une ritournelle à son sujet, au jardin d'enfants :
Dieu est ici,
Dieu est là,
Dieu est partout,
Un point c'est tout.
Ensuite, petit goûter et sieste agitée.
J'ai été élevé tel un veau dans la petite ville orthodoxe juive de Monsey, État de New York, où il était interdit de consommer du veau avec des produits lactés. Si on avait mangé du veau, il était
interdit de manger des produits lactés pendant les six heures suivantes ; si on avait mangé des produits lactés, il était interdit de manger du veau pendant les trois heures suivantes. Il était
interdit de manger du porc à jamais, ou en tout cas jusqu'à l'arrivée du Messie car c'est alors, nous avait appris Rabbi Napier en cours moyen deuxième année, que les méchants seraient punis, que
les morts ressusciteraient et que les cochons deviendraient cachère....."
Si vous n'êtes pas tentés d'aller plus loin... vous ne saurez jamais, si comme moi...vous
n'avez apprécié que cette partie de l'humour...exposée!