Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Nihao! (Bonjour!)
Qing gei wo nide dizhi? (Pourriez vous m'écrire votre adresse? )...
Celle de l'hotel, va de soi!
Phrase très utile n'est- ce pas pour revenir à l'hôtel en fin de journée... Car il est vrai que le barrage de la langue est un vrai
rempart à la compréhension du monde chinois, de son mode de pensée, de sa culture...
Nous avions déjà expérimenté le rude contact de chinois expatriés dans les pays d'Asie... et j'avais raconté l'an dernier comment à la frontière
Laotienne et Chinoise, remontant la Nam Ou pour Phongsally, je m'étais faite
rabrouer par cet homme vexé de ne pas parler anglais alors que j'insistais pour avoir une chambre... !
Être en Chine sans parler chinois c'est un peu comme être au cinema avec des boules Quies!
Au regard de nos difficultés de communication pour obtenir les renseignements basiques au quotidien à notre hôtel fréquenté que par des chinois,
J'ai eu la lumineuse idée d'aller les poser dans celui d'en face, un cinq étoiles international...
Naïvement j'ai cru que le tarif élevé des grands hôtels incluait forcément une qualité de service avec du personnel anglophone.
Peine perdue!
La chef de staff, fort aimable au demeurant, baragouinait péniblement quelques mots de "broken english"!
Alors pas de regrets à choisir des hôtels "de bon confort"; c'est à dire au meilleur rapport "qualité/ prix" possible (soit de 13 à 20 €,
petit déjeuner inclus).
Il y a donc peu de chance de trouver ce personnel qualifié dans les lieux d'hébergement que nous élisons.
D'ailleurs, toutes proportions gardées ne sommes nous pas une goutte d'eau, un faible pourcentage, de touristes occidentaux comparés à la marée
humaine des touristes chinois?
Alors communiquer chaque jour pour quoi que ce soit de plus anodin est un vrai exercice de style. Et il se répète journellement avec une similitude
de situation quasi inexorable :
La personne annone la question posée, voire la répète, ou parfois ne prononce que le mot important que vous prenez soin d'extraire de votre 1ere
tentative, évidemment formulée en une phrase bien trop longue, trop châtiée...
Si la personne est seule soit elle vous plante là avec au mieux un tonitruant "NO", soit elle vous assène en guise de revanche une longue phrase en
chinois...!
Ça vous apprendra à faire votre maligne, tiens !
Soit encore, ils sont plusieurs... et là, ils vont se refiler la patate chaude en rigolant un bon moment entre eux jusqu'à ce que l'un d'entre eux
daigne à vous montrer du doigt où vous adresser...
Sachez que vous ne faites pas les frais de cette rigolade, même si vous êtes tentés de le croire, celle-ci traduit leur embarras face aux etranger,
leur impossibilité communicationnelle!
Avec un peu de chance ils vous auront orienté auprès de quelqu'un qui saura dire quelques mots d'anglais... !
Mais la vie réserve toujours de bonnes surprises...
Il y a les rencontres de celles et ceux qui ont envie de pratiquer leur anglais... ou qui manifestent le désir d'apprendre le français. Il semble
que les cours soient très chers et les profs peu nombreux.
Et il y a eu, ce jeune homme, ce matin même assis à coté de nous dans le bus. Il nous confirme que nous sommes dans le bon autobus. Arrivés dans la
gigantesque gare auto routière, il nous guide jusqu'au portique de contrôle où nous glissons nos sacs à dos, sans même qu'on lui ait demandé de l'aide. Il passe avec nous, nous demande nos
billets et nous accompagne jusqu'à un comptoir où il se renseigne ; puis il nous entraîne jusqu'au quai de départ des bus. Là il tente de nous faire partir plus tôt (nous avons une heure
d'avance)... Il sort et tend 5 RMB de sa poche pour ce faire au chauffeur... qui accepte puis revient sur sa décision, car les passagers en retard viennent tout juste d'arriver!
Le jeune homme nous fait comprendre qu'il faudra attendre le bus suivant (le nôtre)... au même endroit.
Nous le remercions et il nous gratifie d'une gentil "you are welcomed, enjoy your trip in China" avant de s'esquiver gracieusement....
En fait, en achetant nos billets la veille (cet exercice nous avait mobilisés 1H30 pour trouver :la bonne gare, le bon guichet), il nous avait été
précisé que le bus serait direct.
Que neni.
Dans le bus voilà qu'on nous réclame 5 yuans... Ce, malgré nos billets pré-payés! Signe se dit-on que ce n'est qu'un bus de transfert...
De fait tous les bus directs partent TOUJOURS hors agglomération d'une grande, gigantesque gare routière ; celle-ci est encore bordées de
gravats avec des autoroutes et des ponts inachevés, des habitats récemment rasés..
Le premier bus transporte donc les passagers de la ville au terminal de desserte (placés aux quatre points cardinaux, hors agglomération. Dans ces
gares routières flambantes neuves, des agents de circulation pour piétons mégaphones en mains s'adressent à la foule, pour fluidifier les flux d'arrivées.
Pour des questions de sécurité, seuls ceux qui disposent d'un billet sont autorisés à entrer en gare. Le passage sous portique de sécurité est
systématique, même si parfois le contrôle s'avère quelque peu nonchalant.
Les chinois voyagent chargés mais bien moins que les Cambodgiens.
Pour se déplacer, chaque matin je me fait aider au comptoir de l'hôtel où je demande que l'on me transcrive en écriture chinoise les noms de lieux
qui vont être utiles pour toute la journée.
Le reste du temps, je montre le nom du lieu qui figure dans le guide du Routard en chinois. C'est l'objet précieux du voyage qui facilite la
communication.
Il est juste regrettable qu'il ne soit pas réellement à jour (certaines informations seraient périmées depuis 4 à 5 ans, d'autres sont vagues, donc
introuvables, et nous avons noté des erreurs ou inversions de lieux (idem en Thaïlande!). Bon mais si on veut voyager par soi même c'est le prix à payer.
Le sens du mot routard reprend un peu de sens car il faut bien trouver la façon de se dépétrer de toute situation par soi même!
Pour en revenir au barrage de la langue, je me dis que le comportement des français qui ne parlent que français n'est guère différent avec les
étrangers que celui que nous observons aupres des chinois!