Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.

Ciné Cinéma : pleins phares sur "No Other Land"

 Ciné Cinéma : pleins phares sur "No Other Land"
 Ciné Cinéma : pleins phares sur "No Other Land"

"No Other Land" de Basel Adra, Hamdan Ballal, Yuval Abraham et Rachel Szor.

Ce documentaire - Oscar 2025-  témoigne de la brutalité de l'occupation en Cisjordanie dans le village de Masafer Yatta avec des images brutes collectées durant 5 ans de harcèlement des habitants, objets d'expulsions massives. Depuis 1999, l'armée israélienne a ordonné l'expulsion de ces villageois, devenus "étrangers dans leur propre pays" et entrepris la démolition de leurs maisons et terrains cultivés, toutefois la démolition s'est accélérée depuis qu'après 20 ans d'une âpre bataille juridique, la Haute Cour israélienne a validé en 2022 leur expulsion et autorisé la création d'un camp d'entrainement militaire, prétexte à la limitation de l'expansion du village et à l'implantation de colonies juives, ce que révélera un document secret de source militaire.

L'humiliation permanente plonge dans le désespoir ces pauvres gens. Or, ne dit-on pas que l’humiliation est le germe de la barbarie ?

Le film présente ces deux activistes amis, de même âge, Basel Adra (présent à la projection et au débat) jeune palestinien et Yuval Abraham, journaliste israélien. Ils rêvent du jour où tous les deux auront accès aux mêmes droits... sur le même territoire. Le film n'en dit pas plus, leurs échanges restent limités et assez plats.

Si la force de ce documentaire réside dans un témoignage inédit, brutal, inhumain, de l'armée israélienne en action qui exécute les jugements d'expulsion décidés par la cour suprême israélienne sous mandat de Natanyou, on y voit aussi, des colons les attaquant sans vergogne sous l'oeil complaisant des soldats de Tsahal et à leurs côtés, leur intimant l'ordre de quitter les lieux... car l'armée d'occupation est bien présente pour... protéger ces colons excités persuadés de leurs droits supérieurs, déterminés à rendre impossible la vie de ces palestiniens au quotidien.

Ces villageois survivent dans des conditions déplorables. Régulièrement les militaires leur sabotent l'accès à l'eau - puits où l'on coule du béton ! Leur sont détruites les installations électrique, on les prive de leurs véhicules après avoir au bulldozer saccagé leurs maisons, leurs écoles... et les enfants assistent à cet enseignement cruel où un parent s'opposant finit en prison, se retrouve grièvement blessé, ou en meure.

Ils reconstruisent la nuit.

Dans les habitats troglodytes où ils se réfugient, ces villageois rebranchent la télévision, chargent les cellulaires et les micro-ordinateurs...

Pour autant, cette ouverture sur le monde ne sera jamais abordée ou questionnée ; il n'y aura ni information sur le regard qu'ils portent sur le vaste monde environnant ni sur celui de la région, ni même celui des pays arabes voisins.

L'exclusive du regard c'est la relation à la politique d'occupation. Leur parole n'est jamais contextualisée au delà, ce qui demeure une grande faiblesse et frustration  dans ce documentaire.

Un choix, je dirais même, partisan. Renforcé par l'absence d'expression sur ce que le 7 octobre 2023 a pu provoquer comme réactions humaines et empathiques... ou pas. Car c'est en octobre 2023 que prend fin le tournage du long métrage.

Évitement total -volontaire- de l'impact de situation de ce témoignage qui doit, qui devrait, inviter "à discuter".

Il faut le donner à voir largement pour ouvrir ce débat du vivre ensemble. Celui du dialogue.

Il pourrait s'avérer puissant s'il est utilisé sans parti pris. Or, que peut-il revêtir aujourd'hui, si l'évitement a été choisi par ces deux amis? Qu'en est-il des peuples enfermés dans leur tragédie réciproque ? Comment trouver un chemin vers la paix ?

Autant de questions qui n'ont pas surgit dans les prises de paroles post-projection où les présentateurs ont pourtant élargi le propos d'emblée dans leur présentation, à Gaza, empruntant sans ambages les termes de génocide, de nettoyage ethnique et de crimes de guerre, dans une posture totalement pro-Palestinienne sans jamais évoquer la brûlante actualité que vit la société israélienne unie et diviséea à la fois depuis 17 mois, face au Hamas, à la récupération des otages, et tous, plus encore après l'élection de D.Trump qui bouscule toutes les règles de la diplomatie élémentaire, remet en cause l'Etat de droit...  

Je m'interroge au delà des émotions collectives ressenties dans cette salle à savoir si les personnes présentes ce soir auraient pu être à la hauteur d'un débat véritable sur ces sujets enchevêtrés si brûlants qui donnent le tourni.
D'ailleurs ces "gentils" animateurs (de Mediapart, d'Amnestie international entre autres,... ) ont tout fait pour limiter la parole, les questions, circonscrire leurs réponses à la solidarité due aux palestiniens, à la paix en général, trop contents de n'avoir subi aucun dérapage, la perspective de l'échange s'avérant monstrueusement compliquée, ils étaient pressés d'en finir.

L'illustration d'un impossible dialogue. 

C'est en tous cas le sentiment que j'ai éprouvé en sortant de cette projection au Louxor.. au delà de toutes compassions potentielles, nous avons vécu ensemble l'expérience d'un impossible dialogue.

 

C'était hier soir 
Jeudi 6 Mars 2025
au Cinéma de Quartier le Louxor 
au Métro Barbès.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article