Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line
Les cathédrales ont inspiré Raymond Isidore dit Picassiette : celle de Chartres spécifiquement, la ville et ses rues médiévales… il est raconté qu'enfant il ne voyait pas. Qu'il aurait miraculeusement recouvré la vie dans sa cathédrale à l'âge où son père violent serait décédé.
Sans doute ce miracle est-il dû à une posture psychologique de protection. Ses deux parents alcooliques, la période de la première guerre, et, ce père colérique... En tous cas, ce miracle ne fut pas reconnu et n'est pas inscrit dans les registres de la Cathédrale de Chartres.
La visite guidée toute première, nous l'avons faite avec l'une des deux gardienne du lieu, Fernanda. Elle ne guide en privé que 12 personnes, le dimanche à 11h ou 18h, lorsque le musée est fermé au public. Elle est passionnée par le sujet et c'est peu dire...
La seconde fois nous avions choisi "la visite racontée" ; elle se déroule durant les heures d'ouverture au public, limitée à huit personnes. C'est la Gardienne directrice du lieu qui officiait par une journee particulièrement chaude.
Deux visites totalement complémentaires même si dissemblables de prime abord.
Le thème :
“La fresque d’une vie, voyage au cœur d’une quête intérieure."
La guide vous raconte l’histoire d’un homme mystique qui a suivi son instinct et son cœur en créant la demeure de ses rêves, ses relations avec le voisinage immédiat, ses collègues de travail et celles tout au long de sa vie avec sa famille.
Elle vous fera voyager dans le Chartres des années 30 à 60 en vous dévoilant l'évolution de la vie de cet artiste à classer au répertoire de l'art naïf, ses secrets de sa vie d’homme aux multiples facettes. Cette maison c'est lui. Elle reflète totalement sa spiritualité, sa réflexion philosophique, sa vision du monde, sa totale poésie de représentation.
La biographie de RAYMOND :
Non é le 8 septembre 1900 à Chartres, jour de la Nativité de la Vierge Marie. Il est le 7ème d’une fratrie de 8 enfants, il dit avoir vécu une enfance modeste. À l’âge de 2 ans, ses parents constatent qu’il est atteint de cécité. En 1910, il est âgé de 10 ans lorsque son père décède. Cette même année, alors qu’il est dans la cathédrale Notre Dame de Chartres avec sa mère, il retrouve soudainement la vue et voit pour la première fois les couleurs à travers les vitraux de la cathédrale. Après son certificat d’étude, Raymond commence à travailler à 13 ans comme fondeur, puis il fait son service militaire de 1920 à 1922 en Allemagne dans la partie occupée de la Rhénanie. Raymond épouse Adrienne en 1924. Elle est veuve, a 11 ans de plus que lui et 3 enfants de 11, 9 et 7 ans lorsqu’ils se marient. Elle lui sera toujours reconnaissante de « l’avoir prise avec trois enfants ».
Le premier rêve de Raymond est d’avoir son indépendance dans son logement personnel. Avoir sa maison pour abriter sa famille. « Petit à petit, l’oiseau fait son nid », ils achètent le terrain et Raymond construit seul cette maison en 1930.
Raymond enchaine différents emplois avant d’être embauché comme cantonnier par la ville de Chartres.
D’abord gardien du dépôt d’ordures, il est par la suite chargé de l’entretien des routes et des chemins. Au cours de ses marches, il est attiré par le scintillement de morceaux de verre et de vaisselle cassés qu’il ramasse et dépose dans un coin de son jardin sans trop savoir pourquoi.
En 1938 il déclare avoir une idée pour décorer la maison. Pendant toute la durée de la seconde guerre mondiale, il va peindre, graver et déployer sa mosaïque du sol au plafond et dans chaque recoin de l’intérieur de la maison.
Il va jusqu’à recouvrir la machine à coudre d’Adrienne qui lui dira : « un jour je vais me réveiller, et tu m’auras recouverte de mosaïque ».
À partir de 1945, il entreprend d'orner les murs extérieurs et la cour d’entrée. Rapidement il devient populaire dans le quartier. La maison est visitée, on lui donne des conseils, on lui apporte des cartes postales qui lui servent de support pour créer et les enfants apportent des morceaux de vaisselle cassée. Certains l’admirent et d’autres se moquent, on commence alors à le surnommer Picassiette.
Une exposition temporaire :
Robert Doisneau et d’autres reporters viennent rencontrer le mosaïste de Chartres. Il y a même un psychanalyste qui éditera après analyse, des explications sur son œuvre en rapprochant le témoignage de sa femme veuve.
Ces publications qui racontent et illustrent son travail attirent de plus en plus de touristes; « Guidé par son esprit et fidèle à sa croyance », il a consacré sa vie à la réalisation de cette œuvre d’art brut ; 33 ans de travail, 15 tonnes de débris de vaisselle et de verre multicolores ramassés et des centaines des kilomètres parcourus entre les décharges publiques et à travers les routes du pays chartrain. Il a étendu son œuvre, acquis de nouvelles parcelles, et multiplié ses créations jusqu’en 1962.
À l’aube de ses 64 ans, le 6 septembre 1964 il est retrouvé inconscient sur le bord d’un chemin à 15 km de chez lui. Il s’endort pour toujours, dans son lit, veillé par sa femme et ses deux beaux fils. Il est enterré au cimetière de Saint Chéron auprès de sa mère et avec une vue magnifique sur Notre Dame de Chartres.
En 2023, Chartres Tourisme repend la gestion de cette Maison Picassiette, lieu hautement touristique.
Maison Picassiette
22 Rue du Repos
28000 Chartres
+332 37 34 10 78
Grayscale © 2014 - Hébergé par Overblog
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