Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.
Par @line
Au Théâtre de la Reine Blanche, on ne programme pas des spectacles : on répare l’Histoire.
Avec "La Découvreuse oubliée", Élisabeth Bouchaud -directrice du théâtre également chercheuse du CNRS- poursuit son travail de mémoire et de justice. Redonner sa voix à Marthe Gautier, c’est rappeler que derrière la découverte de la trisomie 21, il y eut une femme — et qu’un autre, Jérôme Lejeune, en récolta la gloire.
La pièce ne se contente pas de dénoncer une spoliation individuelle. Elle dissèque un système : celui des années 1950, où les femmes cherchent et les hommes signent. L’écriture est précise, jamais démonstrative. Elle laisse les faits parler — et ils suffisent à indigner.
La mise en scène de Julie Timmerman est intelligente. Le dispositif qui fait dialoguer la Marthe Gautier de 2014 avec la jeune chercheuse qu’elle fut est efficace. Le passé et le présent se regardent, s’évaluent, se jugent presque. L’émotion naît dans cet écart.
Marie-Christine Barrault incarne une Marthe digne, retenue, bouleversante sans pathos. Face à elle, Marie Toscan apporte fougue et lumière. La distribution est irréprochable, notamment Matila Malliarakis en Lejeune ambitieux et glaçant, et Mathieu Desfemmes en professeur Turpin crédible.
Sous l’impulsion engagée de sa directrice, le Théâtre de la Reine Blanche confirme sa ligne : remettre en lumière les femmes scientifiques effacées, invisibilisées, confisquées. Ce quatrième volet des Fabuleuses n’est pas un hommage. C’est un acte politique.
Un spectacle nécessaire pour les petits et les grands. Oui, un petit bijou.
C'est jusqu'au 29 Mars 2026
Théâtre de la Reine blanche
2 passage de la Ruelle
75018 Paris
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