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Ce journal a débuté avec la naissance des Blogs en 2005 pour accompagner les six mois d'aventure en Inde d'où son nom, !ndianeries. Mot inventé dans l'urgence avec un engagement d'un article posté chaque jour sur des ordinateurs locaux, avec des claviers pourris, des temps d'attentes interminables.., d'où des corrections jamais réalisées. J'en implore votre indulgence en lisant "La malle de l'!nde" & les "!ndianeries". Puis, d'autres voyages ont suivi et des humeurs de l'entre deux, et pour finir "Survivre au travail"... la chose la plus formidable qui soit pour les chanceux que nous sommes, à jouir d'une retraite.

Les Monologues du machin en quête de Molière 2026

Les Monologues du machin en quête de Molière 2026
Les Monologues du machin en quête de Molière 2026
Les Monologues du machin en quête de Molière 2026
Les Monologues du machin en quête de Molière 2026
Les Monologues du machin en quête de Molière 2026
Les Monologues du machin en quête de Molière 2026
Les Monologues du machin en quête de Molière 2026

" Tout tout tout vous saurez tout sur le zizi" chantait Pierre Perret en 1974... 

"Les Monologues du machin" : le zizi comme objet d’étude (et de candidature aux Molières)!
Il fallait du cran — ou un solide sens du timing — pour se positionner en contre-pied d’un monument comme "Les Monologues du vagin", créé en 1999 par Eve Ensler, traduit en 45 langues et joué pendant un quart de siècle aux quatre coins du globe. 

Vingt-cinq ans de triomphe planétaire, et voilà qu’arrive Thomas Caruso Aragona avec son “machin”. On sent déjà la crispation lexicale.

Le geste est malin : ne pas répondre frontalement, ne pas singer, mais proposer un miroir légèrement déformant. Ici, les trois comédiens forment un chœur polyphonique un peu doct parfois, car on est dans une forme hybride, mi-théâtre mi-conférence. 

On apprend beaucoup sur le zizi. Vraiment. Anatomie, sociologie, statistiques, projections, citations. Le spectacle manie le PowerPoint invisible avec une application presque studieuse.

Toutefois et c’est là que réside l’intelligence du projet : parler du pénis sans vulgarité, sans forfanterie, en prenant le risque de questionner la salle, disséquer l’objet non pas pour rire gras, mais pour comprendre ce qu’il charrie de symbolique, de pression sociale, d’héritage culturel, c'est faire le point. 
La stérilité masculine sera le seul sujet oublié dans cette Revue.

Car il y a une partie “post-MeToo” qui constitue le cœur battant (oui, c’est assumé) du spectacle. Le monologue tout en gravité, quitte la posture du pédagogue ironique pour explorer la place de l’homme d'aujourd’hui, entre culpabilité intériorisée puis assumée. Cette rupture de ton s'inscrit dans une tentative de cartographie d’un territoire masculin devenu mouvant.

Ce qui amuse -ou déplaît- c’est le contraste constant entre la rigueur documentaire et la vulnérabilité affichée. Les chiffres tombent comme des preuves à charge, puis les comédiens les fissurent avec une anecdote personnelle. Certains tient aux éclats, d'autres comme moi sourient. 

Le spectacle avance ainsi, oscillant entre conférence sociologique et une pointe de confessions contrôlées. Par moments, la densité des données frôle l’overdose statistique — on sent l’envie de tout prouver, de ne rien laisser au hasard, comme si le moindre flou serait suspect. C’est le léger défaut d’une pièce qui veut être d'une pensée irréprochable : elle en devient parfois démonstrative.

Reste à savoir si l’Académie récompensera le courage du contre-pied ou si elle préférera laisser le machin… dans sa catégorie.

Au fond, le pari est audacieux : répondre à un manifeste féministe mondial non pas par contradiction, mais par introspection masculine. Ce n’est ni un règlement de comptes ni une parodie. C’est un exposé sensible sur un organe devenu symbole encombrant.

Et si le spectacle ne révolutionne pas la scène, il réussit au moins une chose rare : faire du zizi un sujet de pensée sans jamais le réduire à une blague. Ce qui, convenons-en, relevait presque du défi olympique.

C'est à la Comédie Bastille jusqu'à fin juin 2026
5 rue Nicolas Appert 
75011 Paris

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