Plutôt que d'être SDF trois mois, j'ai finalement partiellement pris racine auprès de mon petit fils et ma fille. J'ai pu de nouveau apprécier les avantages et inconvénients de vie en banlieue parisienne. Franchement ? J'ai apprécié cette villégiature. Je ne venais à Paris qu'une fois par semaine par obligation. Et on s'habitue très bien au marché du dimanche, au cinéma de quartier (oui, celui d'Eddy Michel !) aux troquet et restaurants de proximité, à la vue et l'espace, aux appartements plus grands... et l'on traîne des pieds à l'idée de sortir le soir... À prendre les transports en communs pour aller se divertir à Paris, on privilégie le local... Tant pis si l'offre est restreinte, il s'agit de rien loupé de la proximité... J'ai beaucoup lu. Vu quelques bons documentaires. Ai repris des forces auprès des miens.
J'ai eu encore plus conscience de la chance que j'ai de vivre dans Paris. De faire usage des larges possibilités qu'offre la qualité du maillage des transports en communs intra-muros. C'est évident, sortir à Paris est aisé, tout est à portée de jambes : les théâtres, les concerts, les cinémas, les bars, les restaurants, les musées, les événements,... et pourtant, comme beaucoup probablement, je n'ai pas repris un rythme de sorties. Prendre un pot sur une terrasse et y donner RV reste la priorité sociale... le culturel est en stand by.
Et puis après les supers vacances en Espagne, les journées en Normandie, voici venu le temps de rentrer chez soi. Même quartier, même superficie, mais tout tout neuf. Re-cartons... et gestion des aléas administratifs qui vont de paire avec ces changements. Il m'aura fallu 5 mois pour déplacer mon compteur électrique de moins d'un mètre... depuis cet après-midi eureka, je suis branchée !!! J'ai même plus envie de raconter le mode de gestion dégradée d'Engie. J'en suis dégoutée ! Dire que nous étions performants serait comme de parler de vivre sur Mars... un truc lointain !
Alors entre deux cartons, je me suis offert une pause à la parisienne... en assistant au pied levé à la projection du premier film de la trilogie de Musashi (peu connu en France et pourtant réalisateur de plus de 110 films) de Hiroshiro Inagaki, d'après le roman d'Eiji Yoshikawa.
La légende de Musashi date de l'année de ma naissance.
Le duel à Ichijoji l'année d'après et la suivante, en 1956, la voie de la lumière, la trilogie reçoit l'oscar du meilleur film étranger. Il est possible de les visionner en ordre dispersé, même s'il est recommandé de privilegier l'ordre de sortie... C'est une version restaurée qui est présentée au public français. Un joli moment où l'on oublie le mal de dos, la fatigue, et l'on savoure le retour en salle noire. Et au Louxor, mon cinéma de quartier, la petite salle était pleine et la jauge respectée. Une moyenne d'âge élevée, et des polyglottes dans la salle plutôt nombreux...
Pour cette séance inaugurale nous avons eu droit à de petits cadeaux : livre à propos du film, cartes illustrées, et pins... et, au bar un menú japonais avec un verre de saké était proposé ! Quelle bonne idée !
D'ici dimanche, j'arriverai j'espère à voir les trois films et déballer presque tout...