A ceux qui penseront qu'il s'agit d'une déclaration personnelle... ou d'une
frustration, je
dis : détrompez-vous coquins!
Le titre de cet article est un clin d'oeil à Sophie Calle qui voilà une quinzaine d'années
avait réalisé un film en compagnie de Greg Shephard, qu'elle épousa (juste pour porter une fois dans sa vie une robe blanche et faire
plaisir à maman!) lors d'une tranche de vie de 6 mois passée en Californie où, elle eut la chance de se voir proposer un poste d'enseignante durant un semestre à Berkerley... en
arts plastiques.
Chaque matin du tournage de ce long métrage qu'elle fit à cette occasion, ils débutaient la journée par une photo des draps froissés encore
frémissant du lit d'un quelconque motel, d'une chambre abandonnée, qui avait été le spectacle de fantasmes d'une nuit folle d'amour ou bien au contraire du dépit, en forme de désespoir.
Car la vie à deux de ces deux artistes ensemble, ce ne fut évidement pas une chose entendue d'avance: ils s'observèrent l'un l'autre oscillant
entre une passion éphémère et un désintérêt incrédule et frustrant pour s'épouser juste avant de se quitter au terme de ce voyage.
"No sexe last night" exposait donc la situation d'un couple en voyage intérieur au jour le jour, dans toutes ses dimensions les plus banales,
les plus incongrues aussi. En faisant cette photo, j'ai donc pensé à elle, à ce film, à ce voyage, son
sens...
Il fut longtemps pour moi aussi mythique que celui de la route 66 (Road 66), celle qui me fit aimer passionnément les paysages américains grandioses,
ceux que les non cinéphiles auront découvert en visionnant cet autre moment de cinéma avec "Telma et Louise", film plus grand public.
En !nde la vie de
couple ne fut pas toujours des plus confortables contrairement à cette photo prise dans notre chambre chez l'habitant à Allepey où nous avions élu domicile dans une vieille demeure coloniale
entourée d'un agréable jardin au centre ville, tout près des canaux célèbres du Kérala.
Ce fut un des rares moments de confort, agréable, de ces six mois de voyage où toute notre vie réduite à l'essentiel, laissait
plus de place aux bagages peu encombrants que sont la curiosité, la découverte, la rencontre.
Après l'!nde, je rêve, je l'avoue,
cette année, j'ai envie de confort.
Je repense à notre voyage de 3 semaines au pôle nord - pour fêter mon demie siècle d'existence- partant en bateau depuis Göteborg en Suède vers les Fjords de Norvège, aux
îles Lofoten, montant jusqu'au 8ème parallèle à la recherche des icebergs... puis, revenant par le Cap nord, après 17 jours en mer, allant visiter
Stockholm avant de rentrer à Paris, totalement décoiffés par la beauté des paysages sauvages et la vie rude du Grand Nord, nous promettant de revenir...
Et je repense aussi à ces voyages en Amérique, très peu routards, mais bien agréables il y a plus longtemps encore.
L'année 2007 devrait nous rapprocher de ces deux endroits. Les dés sont jetés. Nous vous tiendront au courant en images, et vous ferons profiter de
nos émotions et petits plaisirs.
!ndianeries ne sera peut-être plus le blog spécifique de notre voyage en !nde ;
le chapitre la vie après l'!nde va donc se trouver enrichi d'autres voyages plus courts, plus en rupture avec celui là, long,
marquant, expérience unique pour les amateurs du voyage que nous sommes et qui n'ont hélas pas la possibilité de récidiver de suite une telle immersion.
Les exigences professionnelles font que nous sommes condamnés à ne pas voyager pour un moyen séjour avant environ 3 ans!
Si, et seulement si d'ici là, on ne supprime pas les comptes épargne temps, les RTT, les 32h... Enfin vous voyez, tout ce qui
fut chèrement acquis, qui est encore tant décrié, et dont je me targue de profiter sans outrance, juste en accord avec mes priorités de vie.